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Colloque : Génocide des Tutsi: justice et vérité vingt ans après ?

En partenariat avec Sciences PO, Ibuka France a le plaisir de vous convier au colloque :
« Génocide des Tutsi : justice et vérité vingt ans après? » Vendredi le 24 janvier 2014 : 14h45-19h à Sciences Po
au 27 rue Saint-Guillaume 75337 Paris cedex 07 France

Pour le programme, cliquez ici
 

Communiqué de Presse

Demain, 21 décembre 2013, il y aura cinquante ans que les Tutsi du Rwanda ont fait l’objet d’une  première tentative d’extermination.Dans la nuit du 20 au 21 décembre 1963, une bande de quelques réfugiés Tutsi tentent un retour forcé depuis le Burundi. Le lendemain, tous les Tutsi influents de Kigali sont arrêtés et conduits à Ruhengeri où ils sont fusillés le même jour. Partout dans le pays, sous la supervision des cadres du parti PARMEHUTU au pouvoir, les tutsi employés dans l’administration, infirmiers, enseignants ou techniciens agricoles, les prêtres et les paysans en vue y compris, sont brutalement arrêtés, jetés en prison où ils sont battus, torturés, privés d’eau et de nourriture. Nombre d’entre eux sont morts sous la torture ou délibérément exécutés. Les délégués du CICR ont répertorié plusieurs fosses communes dans différentes régions du Rwanda.

Dans la région de Gikongoro, la chasse aux Tutsi est plus systématique. Elle commence le jour de Noël. Leurs habitations sont incendiées, leurs biens sont pillés. Les femmes, les hommes et les enfants sont massacrés à coup de machettes, de lances et de massues, ou jetés dans les rivières. Le bilan du carnage a été estimé à environ 8000 morts. Dans un discours du 11 mars 1964, le Président Kayibanda menace la race Tutsi de disparition.

Emu, le Vatican a qualifié ces tueries d’effroyable manifestation de la haine raciale. Le philosophe et mathématicien et Prix Nobel, Bertrand Russel les qualifia de « massacre d’hommes le plus horrible et le plus systématique auquel il ait été donné d’assister depuis l’extermination des Juifs par les Nazis en Europe. » 

La nature raciste du PARMEHUTU ne faisait plus de doute. Le monde était informé mais décidait de ne pas le condamner pendant qu’il imposait le silence aux victimes à l’intérieur du pays. Le défaut de disqualification de cette idéologie et l’impunité dans laquelle ce courant a baigné, sont responsables de sa prospérité et du génocide des Tutsi en 1994.

Le Gouvernement français a récemment pris des mesures en vue de juger les auteurs du génocide commis en 1994.

Nous demandons un effort au moins comparable pour lutter contre l’ignorance, la banalisation et le négationnisme.

Contact : Marcel Kabanda

Tél : 0634615169

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Inauguration d'une oeuvre de Bruce Clarke en hommage des victimes du génocide

Le 30 novembre 2013 à Bègles a été inaugurée une oeuvre de Bruce Clarke en hommage des victimes du génocide des Tutsi en présence du Député de la Gironde et Maire de Bègles, de l'Ambassadeur du Rwanda en France et de plusieurs invités.

Retrouvez quelques images de la journée , aussi sur le site de notre Cellule locale de Chalette et une petite vidéo


 

Ibuka France proteste

Ibuka France a a adressé un courrier au Président du CSA ce 24 décembre pour protester contre la profanation de la mémoire du génocide des Tutsi par la chaîne Canal+

"Monsieur le Président,

L’association pour la mémoire du génocide des Tutsi du Rwanda, Ibuka France, proteste contre la profanation de cette mémoire par la chaîne Canal+ le vendredi 20 décembre dernier dans son émission phare « Le Débarquement – Le rendez-vous en parenthèses inattendues» , dont le lien est:

Dans un dialogue entre comédiens autour d’un thé à la menthe et d’un repas, on entend dire  « Franchement, même après le génocide, ils sont encore là ces Rwandais … on te dit Génocide, Génocide, moi je trouve qu’il y en a encore un paquet en pleine forme… Fais dodo Colas mon p’tit frère Maman est en haut coupée en morceau… Papa est en bas, il lui manque un bras… ».

Pire que les mots, nous dénonçons l’ambiance de gouaillerie dans laquelle a baigné l’échange. Peut-on rire autant de la souffrance des autres ? Les tirades des comédiens et le rire du public rappellent étrangement les émissions de la fameuse Radio des Mille Collines (RTLM) à Kigali en 1994 dans lesquelles les appels aux meurtres étaient accompagnés de plaisanteries cyniques. «Il y en a encore un paquet » évoque la formule largement attribuée à la RTLM : « la fosse n’est pas encore pleine ». Quant à la berceuse macabre, elle rappelle par trop la morbidité des caricatures du bimensuel raciste Kangura.

Au nom des victimes, nous demandons :

  • au CSA de publier des excuses publiques pour son manque de vigilance
  • à la Chaîne de condamner les auteurs du scénario
  • aux pouvoirs publics de sortir d’un silence et des ambiguïtés qui sont devenus le lit d’un négationnisme public et vulgaire.

Que l’on nous comprenne bien. Nous ne sommes pas contre la liberté de création. Mais lorsque celle-ci devient le lieu d’outrage à la douleur des femmes et des hommes, il faut le dénoncer. Non, on ne peut pas tout dire. En tout cas, nous estimons qu’on ne peut pas rire de tout.

Et s’il est vrai que l’on peut apprendre en s’amusant et que l’on peut donc enseigner tout en faisant rire, il y a, dans ce cas, besoin d’un avertissement. Dans un pays où même les manuels scolaires font encore la confusion entre victimes et bourreaux du génocide des Tutsi, ce montage de scènes invraisemblables et aussi blessantes les unes que les autres, ne peut que contribuer à brouiller les pistes en faisant souffrir les rescapés encore davantage. Pourquoi cela à la veille de la vingtième commémoration ?

 Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma considération distinguée."

Marcel Kabanda

Président d’Ibuka France



 

Indignation d'Ibuka France

Ibuka France a interpelé le Ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, par un courrier datant du 18 décembre 213: 

Monsieur le Ministre,
C'est avec tristesse et indignation que nous venons d'apprendre que la prestigieuse institution du CNED enseigne depuis l’été dernier, partout dans le monde, que le génocide perpétré au Rwanda en 1994 a été commis par les Tutsi contre les Hutu.
Dans un document diffusé par cette institution le 30 juin 2013 à l’intention des professeurs intitulé « Français 3ème. Livret de corrigés », on peut lire sous le titre « Le souvenir peut permettre de déterminer les responsabilités et de rendre justice»: «A ce titre, le génocide des Hutu par les Tutsi au Rwanda illustre bien ceci [...] Le fait de raviver le souvenir en rappelant la violence des exécutions à la machette, le régime de terreur, tout cela concourt à faire en sorte qu’une prise de conscience collective de l’horreur historique se développe ». 
Le document prend ainsi délibérément le contrepied de ce qui a été déclaré comme un fait de notoriété publique par le Tribunal pénal international pour le Rwanda en 2006 : « un génocide a été perpétré au Rwanda contre le groupe ethnique tutsi".  Cette révision de l’histoire est d’autant plus grave que le manuel est une source d’enseignement pour le monde entier.
Nous sommes souvent confrontés à des courants négationnistes alliant le déni et la thèse du double génocide. Nous étions cependant loin d’imaginer qu’une institution officielle française puisse  s’en faire écho à ce point. Un manuel d’enseignement n’est pas un document qui s’élabore de n’importe quelle manière. Destiné à aider les professeurs, il doit s’appuyer sur les travaux à jour. Au regard du nombre d’ouvrages publiés en France sur le génocide des Tutsi, il est stupéfiant que l’Education nationale en soit à enseigner de cruelles erreurs ! Ce manuel qui bafoue la mémoire des victimes est une honte pour nombre de jeunes français qui, pendant ces dix dernières années, ont publié d’excellentes thèses sur ce sujet. A quelles sources le CNED a-t-il puisé  son assertion erronée ? Cette institution est-elle restée au stade de la propagande de la diabolisation des Tutsi qui a précédé et accompagné le génocide ? Quels spécialistes ont été consultés ? Le CNED ne fait pas référence à un vol à l’étalage. Un génocide n’est pas un détail de l’histoire. Le Manuel du CNED transforme en bourreaux les victimes d’un génocide ! Elles sont outrageusement offensées. Pourriez-vous vous imaginer un manuel dans lequel il serait écrit que les Juifs auraient été les auteurs de la Shoah ? Est-ce parce qu’il a été commis en Afrique contre des Africains qu’il peut être traité avec autant de désinvolture et de légèreté ? Le sujet est sérieux. Si l’on ne peut lui accorder l’attention qu’il mérite, il vaut mieux ne pas en parler.
Au nom des rescapés du génocide des Tutsi, au nom de l’humanité qui a été souillée par ce crime, au nom de la communauté des chercheurs français dont nous reconnaissons la qualité des travaux sur le sujet, nous vous demandons de :
  • retirer de la circulation la totalité de l’édition
  • publier dans un journal de référence un communiqué qui annonce ce retrait
  • mettre en place en France, un programme complet d’enseignement d’histoire des génocides, celui des Tutsi du Rwanda y compris.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de notre considération distinguée, et recevez nos meilleurs vœux pour les Fêtes de fin d’année qui approchent.

                  Marcel Kabanda
                  Président d’Ibuka France

Fichier du courrier envoyé; Réponse du Directeur général du CNED
 

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