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Communiqué de Presse d'Ibuka France du 05 avril 2016

La Mairie de Paris rend hommage aux victimes du génocide des Tutsi du Rwanda en dédiant à leur mémoire un espace vert. Situé dans le Parc de Choisy (Paris XIII), cet espace sera inauguré (à 10 h 45) le 7 avril 2016, date anniversaire de ce génocide. Vous êtes tous conviés à ce moment d’humanité pour dire non à tout extrémisme meurtrier. A ce jour, à la demande de l’association Ibuka France, des autres associations de rescapés et/ou amies des rescapés, sept lieux de mémoire du génocide des Tutsi ont été créés en France [Cluny (71), Dieulefit (26), Bègles (33), Toulouse (31), Chalette-sur-Loing (45) et deux à Paris (75)].

Le silence des témoins a couvert le génocide. Le prolonger fait le lit du négationnisme. Ceux qui le font participent, sciemment ou non à leur insu, à la réalisation du rêve d’effacement qui, pendant le génocide, animait les meurtriers. Aussi, au nom des victimes et des rescapés, Ibuka France remercie les élus qui, par ce geste de reconnaissance du crime et d’inscription de sa mémoire dans l’espace public, redonnent l’espérance aux rescapés en rompant leur isolement, effectuent un travail d’éducation à la citoyenneté et à la solidarité humaine.

Ce que nous souhaitons: que le haut sommet de l’Etat entende ce message qui émane du peuple français, prenant en compte le mouvement et l’amplifiant par une parole publique claire qui ne soit ni polémique ni réponse à polémique, fasse la transparence totale sur les sources de manière à promouvoir la recherche historique sur le génocide des Tutsi, adopte des dispositions juridiques réprimant la négation du génocide des Tutsi ainsi que des mesures d’appui aux parties civiles qui aujourd’hui supportent seules le fardeau financier lié à l’instruction de dossiers de rwandais que la France a accueillis sur son sol, mais que leurs compatriotes accusent d’actes de génocide ou de complicité dans le génocide.

Fait à Paris, le 5 avril 2016

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Ibuka Belgique réclame une loi sur le négationnisme

Lors du colloque du 24 mars 2016 organisé par Ibuka Belgique, les participants ont réclamé une loi sur le négationnisme.

Pour plus d'informations, sur le site d'Igihe

 

Hommage aux victimes du génocide des Tutsi

Chers membres, chers amis,

Dans le cadre de rendre hommage aux victimes du génocide des Tutsi, nous souhaitons mettre des noms sur des visages des disparus afin de les sortir de l'anonymat. C'est dans cette démarche que nous prions si vous le désirez, de nous envoyer une/des photo(s) de vos proches victimes du génocide.

Dans la mesure du possible, en plus de leurs noms, il serait loisible d'accompagner les photos des victimes par leurs âges, le moment,  le lieu et les conditions de l'assassinat.

Vous pouvez nous les envoyer par mail à : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ou par voie postale

à : Ibuka France

23 rue Greneta, 75002 Paris

En vous en remerciant

Bien fraternellement

 

Lettre ouverte à Charlie Hebdo: Ibuka France s'indigne

Lettre ouverte à Charlie Hebdo

Au nom de l’Association, Ibuka France, des rescapés et des victimes du génocide des Tutsi, je voudrais exprimer à la rédaction de Charlie Hebdo, l’indignation et l’écœurement que nous avons ressenti en découvrant la couverture du numéro 1236 daté du 30 mars 2016. Le chanteur Stromae y est représenté entouré de membres d’un corps déchiqueté avec, en haut de la page, le titre de sa chanson vedette, « Papa où t’es » ? Cet artiste est discret sur son histoire et ses origines mais personne n’ignore que celles-ci sont rwandaises et qu’elles ont été traversées par le génocide commis contre les Tutsi dans ce pays. A deux semaines exactement de la 22ème commémoration, une mise en scène qui prétend faire rire en superposant de manière macabre l’histoire du génocide et l’épreuve des attentats qui ont endeuillé la Belgique le 22 mars dernier relève de l’indigence morale que de la création humoristique. Elle est une injure à la mémoire des victimes et une honte pour un média qui, il y a un an, lorsqu’il a été attaqué – le mot est faible-, a reçu le soutien du monde entier. La liberté de penser et de créer que nous avons défendue aux côtés des autres et à laquelle nous demeurons attachés, n’autorise pas de rire de tout, y compris des morts et leurs orphelins. L’art ne peut être séparé du beau. Ce qui produit le dégoût et afflige l’innocent est une honteuse perversion du talent par un prétentieux. A un moment où les rescapés tentent de préparer dans la douleur mais dans la dignité, la journée d’hommage à celles et ceux qui ont été assassinés dans des conditions effroyables, cette couverture est une ignoble provocation.

Nous exigeons qu’elle soit retirée et que de publiques excuses soient exprimées avant le 7 avril prochain.

Marcel Kabanda

Président d’Ibuka France

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Hommage à Naasson Munyandamutsa

Un mot pour accompagner Dr Naasson

Il y a trois jours, nous avons appris avec une grande tristesse la disparition du Dr Naasson Munyandamutsa. Ibuka France rend hommage à sa mémoire et exprime sa sympathie à son épouse et à ses enfants. Les morts ne sont pas morts, dit-on. On dit aussi qu’ils nous entendent. Il faut néanmoins reconnaître qu’ils laissent autour de nous un vide et que s’il est vrai qu’ils nous entendent et nous répondent, il est tout aussi vrai que nous ne parlons pas la même langue. Le Dr Naasson était bien connu au Rwanda et au-delà du Rwanda. Partout, il était connu pour son travail, et plus exactement pour deux choses : son engagement auprès des rescapés du génocide des Tutsi, et sa capacité à dire dans des termes précis, en s’appuyant à la fois sur la richesse d’un savoir académique et sur la maîtrise de la langue et de la culture rwandaises, ce que les Rwandais ont vécu en 1994 et ce qu’ils vivent aujourd’hui. L’homme portait en lui-même la blessure du génocide. Mais, médecin, il aura passé sa vie à penser et à panser celles de ses frères d’infortune. Ibuka France est en mesure d’en donner le témoignage. Nous avons eu la chance de travailler avec le Dr Naasson dans le cadre d’un programme de soutien à la santé mentale des rescapés mis en place avec le concours des Médecins du Monde. Le programme était modeste mais exigeant. Le Dr Naasson n’a pas hésité à s’impliquer, mettant à disposition son savoir, son temps et sa personne. Pendant huit ans que ce programme a duré, le Dr Naasson a formé les thérapeutes, les a accompagnés sur les collines à la rencontre des rescapés, animant avec eux des groupes et supervisant leur travail. Ceux qui ont bénéficié de cet accompagnement sont aujourd’hui des professionnels confiants en eux-mêmes et capables de superviser leurs collègues. Dans cette aventure, Naasson n’était pas seul. Mais il était une précieuse ressource et sa notoriété était une garantie de la qualité du travail. Demain, son corps sera déposé en terre, dans cette terre du pays qu’il chérissait. Nos prières l’accompagnent. Pour sa famille, la déchirure est immense. Au-delà de sa famille, il y a l’ensemble des rescapés qui ont été choqués d’entendre qu’ils ne pourront plus voir et entendre Naasson. Beaucoup ne l’avaient jamais rencontré et n’envisageaient même pas de lui solliciter un rendez-vous dans les jours qui viennent. Pour tous néanmoins, son nom symbolisait à lui seul la possibilité de l’accueil et de l’écoute, l’existence d’une oasis au milieu de ce désert où le génocide les a égarés. Par ces mots dérisoires, nous voulons exprimer à tous notre solidarité.

Et à toi Naasson, nous souhaitons un voyage vers ta nouvelle demeure. De ce côté-ci du miroir, nous te garderons en mémoire. En toutes circonstances, nous chercherons ton regard pour savoir ce qu’il faut faire. Merci pour ton exemple de la liberté d’esprit. Merci pour ton exemple de l’esprit d’un meilleur service aux autres et surtout aux plus fragiles.

A Dieu cher frère

Ibuka France

 

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