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Lettre ouverte à Charlie Hebdo: Ibuka France s'indigne

Lettre ouverte à Charlie Hebdo

Au nom de l’Association, Ibuka France, des rescapés et des victimes du génocide des Tutsi, je voudrais exprimer à la rédaction de Charlie Hebdo, l’indignation et l’écœurement que nous avons ressenti en découvrant la couverture du numéro 1236 daté du 30 mars 2016. Le chanteur Stromae y est représenté entouré de membres d’un corps déchiqueté avec, en haut de la page, le titre de sa chanson vedette, « Papa où t’es » ? Cet artiste est discret sur son histoire et ses origines mais personne n’ignore que celles-ci sont rwandaises et qu’elles ont été traversées par le génocide commis contre les Tutsi dans ce pays. A deux semaines exactement de la 22ème commémoration, une mise en scène qui prétend faire rire en superposant de manière macabre l’histoire du génocide et l’épreuve des attentats qui ont endeuillé la Belgique le 22 mars dernier relève de l’indigence morale que de la création humoristique. Elle est une injure à la mémoire des victimes et une honte pour un média qui, il y a un an, lorsqu’il a été attaqué – le mot est faible-, a reçu le soutien du monde entier. La liberté de penser et de créer que nous avons défendue aux côtés des autres et à laquelle nous demeurons attachés, n’autorise pas de rire de tout, y compris des morts et leurs orphelins. L’art ne peut être séparé du beau. Ce qui produit le dégoût et afflige l’innocent est une honteuse perversion du talent par un prétentieux. A un moment où les rescapés tentent de préparer dans la douleur mais dans la dignité, la journée d’hommage à celles et ceux qui ont été assassinés dans des conditions effroyables, cette couverture est une ignoble provocation.

Nous exigeons qu’elle soit retirée et que de publiques excuses soient exprimées avant le 7 avril prochain.

Marcel Kabanda

Président d’Ibuka France

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Hommage à Naasson Munyandamutsa

Un mot pour accompagner Dr Naasson

Il y a trois jours, nous avons appris avec une grande tristesse la disparition du Dr Naasson Munyandamutsa. Ibuka France rend hommage à sa mémoire et exprime sa sympathie à son épouse et à ses enfants. Les morts ne sont pas morts, dit-on. On dit aussi qu’ils nous entendent. Il faut néanmoins reconnaître qu’ils laissent autour de nous un vide et que s’il est vrai qu’ils nous entendent et nous répondent, il est tout aussi vrai que nous ne parlons pas la même langue. Le Dr Naasson était bien connu au Rwanda et au-delà du Rwanda. Partout, il était connu pour son travail, et plus exactement pour deux choses : son engagement auprès des rescapés du génocide des Tutsi, et sa capacité à dire dans des termes précis, en s’appuyant à la fois sur la richesse d’un savoir académique et sur la maîtrise de la langue et de la culture rwandaises, ce que les Rwandais ont vécu en 1994 et ce qu’ils vivent aujourd’hui. L’homme portait en lui-même la blessure du génocide. Mais, médecin, il aura passé sa vie à penser et à panser celles de ses frères d’infortune. Ibuka France est en mesure d’en donner le témoignage. Nous avons eu la chance de travailler avec le Dr Naasson dans le cadre d’un programme de soutien à la santé mentale des rescapés mis en place avec le concours des Médecins du Monde. Le programme était modeste mais exigeant. Le Dr Naasson n’a pas hésité à s’impliquer, mettant à disposition son savoir, son temps et sa personne. Pendant huit ans que ce programme a duré, le Dr Naasson a formé les thérapeutes, les a accompagnés sur les collines à la rencontre des rescapés, animant avec eux des groupes et supervisant leur travail. Ceux qui ont bénéficié de cet accompagnement sont aujourd’hui des professionnels confiants en eux-mêmes et capables de superviser leurs collègues. Dans cette aventure, Naasson n’était pas seul. Mais il était une précieuse ressource et sa notoriété était une garantie de la qualité du travail. Demain, son corps sera déposé en terre, dans cette terre du pays qu’il chérissait. Nos prières l’accompagnent. Pour sa famille, la déchirure est immense. Au-delà de sa famille, il y a l’ensemble des rescapés qui ont été choqués d’entendre qu’ils ne pourront plus voir et entendre Naasson. Beaucoup ne l’avaient jamais rencontré et n’envisageaient même pas de lui solliciter un rendez-vous dans les jours qui viennent. Pour tous néanmoins, son nom symbolisait à lui seul la possibilité de l’accueil et de l’écoute, l’existence d’une oasis au milieu de ce désert où le génocide les a égarés. Par ces mots dérisoires, nous voulons exprimer à tous notre solidarité.

Et à toi Naasson, nous souhaitons un voyage vers ta nouvelle demeure. De ce côté-ci du miroir, nous te garderons en mémoire. En toutes circonstances, nous chercherons ton regard pour savoir ce qu’il faut faire. Merci pour ton exemple de la liberté d’esprit. Merci pour ton exemple de l’esprit d’un meilleur service aux autres et surtout aux plus fragiles.

A Dieu cher frère

Ibuka France

 

Campagne "Génocide contre les Tutsi: la vérité, maintenant "

Lancée par l’EGAM, cette campagne vient d'avoir une avancée significative: 43 parlementaires français et 43 parlementaires européens demandent à Jean-Marc Ayrault, Ministre des Affaires étrangères et du Développement international, l’envoi d’une délégation parlementaire à Kigali en avril 2016 pour participer aux commémorations du génocide contre les Tutsi:

Pour plus d'informations sur le site d'EGAM

" Monsieur le Ministre,

D’avril à juillet 1994, plus de 800 000 personnes ont trouvé la mort dans le génocide des Tutsis au Rwanda. Plus de 75 % de la population Tutsi a été décimée. Chaque année, le 7 avril, les Rwandais se réunissent pour commémorer cet événement tragique. Partout dans le pays, des mémoriaux sont fleuris à la mémoire des victimes et de leurs proches. Chaque année depuis 2014, une délégation de jeunes Français et Européens, coordonnée par le Mouvement antiraciste européen (EGAM), est allée se joindre à ces cérémonies. Ces jeunes ont pu rencontrer des rescapés du génocide, des Justes, des dirigeants d’associations étudiantes ainsi que des personnes condamnées pour leur action au moment du génocide. L’accueil qui leur a été réservé nous donne la mesure de l’importance de la visite de représentants français au Rwanda. Nous avons partagé cette histoire, nous devons partager cette mémoire commune. La France doit en effet faire preuve de la plus grande transparence comme l’a estimé le Président de la République. Son implication est aujourd’hui essentielle dans la reconstruction de la mémoire collective au Rwanda. Elle a opéré le 7 avril dernier la déclassification partielle des archives de la Présidence française concernant les actions qui ont été menées au Rwanda dans l’été 1994. Cet acte marque un premier pas symbolique pour répondre à la nécessaire exigence de vérité qui s’impose au nom du devoir mémoriel. Il en appelle néanmoins d’autres. Nous, Parlementaires de tous bords politiques, estimons que la France doit aller plus loin et souhaitons nous unir aux Rwandais lors de la commémoration du génocide qui aura lieu le 7 avril 2016. Ainsi, nous déclarons soutenir une délégation parlementaire en avril prochain, à laquelle certain-e-s d’entre nous participeront. Une délégation ministérielle constituerait à ce titre un appui symbolique de taille à notre démarche et enverrait ainsi un signal fort d’apaisement des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda.

En espérant pouvoir compter sur votre soutien sur ce dossier essentiel, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de notre haute considération."

Lettre signée par 43 parlementaires : Noël Mamère, Député écologiste de Gironde, Membre de la commission des Affaires étrangères, Maire de Bègles Danielle Auroi, Députée écologiste du Puy-de-Dôme, Présidente de la commission des Affaires européennes de l’Assemblée Nationale Sylviane Alaux, Députée PS de la 6ème circonscription des Pyrénées-Atlantiques Brigitte Allain, Députée écologiste de la Dordogne Pouria Amirshahi, Député PS de la 9ème circonscription des Français établis hors de France Huguette Bello, Députée GDR de la 2ème circonscription de la Réunion Esther Benbassa, Sénatrice écologiste du Val-de-Marne Marie-Christine Blandin, Sénatrice écologiste du Nord Jean-Pierre Blazy, Député PS de la 9ème circonscription du Val-d’Oise Michèle Bonneton, Députée écologiste de l’Isère Marie-George Buffet, Députée PCF de de la 4e circonscription de la Seine-Saint-Denis, Ancienne Ministre de la Jeunesse et des Sports Jean-Jacques Candelier, Député PCF de la 16e circonscription du Nord Fanélie Carrey-Conte, Députée PS de la 15e circonscription de Paris Sergio Coronado, Député écologiste de la 2e circonscription des Français établis hors de France Ronan Dantec, Sénateur écologiste de Loire-Atlantique Annie David, Sénatrice PCF de l’Isère Charles De Courson, Député UDI de la 5e circonscription de la Marne Jean Desessard, Sénateur écologiste de Paris Cécile Duflot, Députée écologiste de la 6e circonscription de Paris, Ancienne Ministre du Logement et de l’Egalité des territoires William Dumas, Député PS de la 5e circonscription du Gard Hervé Féron, Député PS de Meurthe-et-Moselle, Maire de Tomblaine Aurélie Filippetti, Députée PS de la 1ère circonscription de la Moselle, Ancienne Ministre de la Culture et de la Communication Jacqueline Fraysse, Députée GDR de la 4ème circonscription des Hauts-de-Seine Geneviève Gaillard, Députée PS de la 1e circonscription des Deux-Sèvres Jean-Marc Germain, Député PS de la 12e circonscription des Hauts-de-Seine Nathalie Goulet, Sénatrice UDI de l’Orne, Vice-Présidente de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat Laurent Grandguillaume, Député PS de la 1e circonscription de la Côte-d'Or Meyer Habib, Député UDI de la 8e circonscription des Français établis hors de France Jean-Christophe Lagarde, Député UDI de la 5ème circonscription de la Seine-Saint-Denis et Maire de Drancy Jean-Jacques Lasserre, Sénateur UDI des Pyrénées-Atlantiques, Président du Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques Pierre Laurent, Sénateur de Paris, Secrétaire national du Parti communiste français, Président du Parti de la gauche européenne Jean-Pierre Maggi, Député RRDP de la 8ème circonscription des Bouches-du-Rhône Jean-Pierre Masseret, Sénateur PS de la Moselle Paul Molac, Député écologiste du Morbihan Jean-Philippe Nilor, Député GDR de Martinique Philippe Noguès, Député Divers gauche de la 6ème circonscription du Morbihan Marcel Rogemont, Député PS de la 8ème circonscription d’Ille-et-Vilaine Barbara Romagnan, Députée PS du Doubs Jean-Louis Roumégas, Député écologiste de l’Hérault Eva Sas, Députée écologiste de la 7e circonscription de l’Essonne Gabriel Serville, Député GDR de la 1ère circonscription de Guyane Cécile Untermaier, Député PS de la 4e circonscription de Saône-et-Loire Jacques Valax, Député PS de la 2ème circonscription du Tarn

 

Ibuka Belgique réclame une loi sur le négationnisme

Lors du colloque du 24 mars 2016 organisé par Ibuka Belgique, les participants ont réclamé une loi sur le négationnisme.

Pour plus d'informations, sur le site d'Igihe

 

Hommage aux victimes du génocide des Tutsi

Chers membres, chers amis,

Dans le cadre de rendre hommage aux victimes du génocide des Tutsi, nous souhaitons mettre des noms sur des visages des disparus afin de les sortir de l'anonymat. C'est dans cette démarche que nous prions si vous le désirez, de nous envoyer une/des photo(s) de vos proches victimes du génocide.

Dans la mesure du possible, en plus de leurs noms, il serait loisible d'accompagner les photos des victimes par leurs âges, le moment,  le lieu et les conditions de l'assassinat.

Vous pouvez nous les envoyer par mail à : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ou par voie postale

à : Ibuka France

23 rue Greneta, 75002 Paris

En vous en remerciant

Bien fraternellement

 

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