NOS ACTIONS

LE DEVOIR DE MEMOIRE

  • PAR L’EDUCATION

 Le devoir de mémoire est essentiel pour la jeunesse. L’école doit jouer un rôle crucial dans l’enseignement de l’histoire et la transmission de la mémoire. Enseigner un génocide, c’est le prévenir. Dans ce contexte, les rescapés du génocide des Tutsi doivent informer les jeunes générations sur ce qu’ils ont vécu et veiller à ce qui s’est passé ne se reproduise plus. Ibuka France s’est notamment fixé comme objectif d’aller à la rencontre des collégiens et lycéens. Un travail de sensibilisation a d’ailleurs déjà commencé dans quelques collèges et lycées de France en collaboration avec les professeurs d’histoire

  • PAR LE TEMOIGNAGE

Ibuka France est d’abord une association de rescapés. Elle existe parce qu’ils se sont engagés à faire en sorte que ceux qui sont morts ne soient jamais oubliés. Ils ont survécu pour témoigner. Ibuka se veut comme un espace de la parole du rescapé. Grace à cette parole, des noms, des visages émergent derrière la grande histoire d’un million de morts. Tant pour les rescapés que pour ceux qui entendent leur témoignage, l’exercice n’est jamais facile. Ibuka est un cadre qui facilite la prise de parole et l’écoute. A cet effet, l’association organise chaque année des activités de commémoration aux cours desquelles les rescapés prennent la parole et crée des liens sécurisés entre eux et divers publics (scolaires, associatifs, universitaires et médiatiques), qui sollicitent leur témoignage. Un projet de collecte des témoignages auprès des rescapés du génocide des Tutsi vivant en France est en cours d’élaboration.

  • PAR L’EDIFICATION DES MEMORIAUX

 Depuis plusieurs années, Ibuka France sollicite les élus de France pour qu’ils érigent des lieux de mémoire dans leur commune en mémoire du génocide des Tutsi. A ce jour, seules les municipalités de Dieulefit (26), Toulouse (31), Bègles (33), Chalette-sur-Loing (45), Cluny (71), ainsi que la ville de Paris au Père Lachaise dans le 20ème et au Jardin de la Mémoire dans le 13ème ont répondu favorablement à cet appel. Ibuka France souhaite ardemment que d’autres villes suivent le mouvement. L’édification de mémoriaux est essentielle en ce qu’elle participe à l’éducation des futures générations, de même qu’à la lutte contre le négationnisme et contre l’oubli. Un lieu de mémoire rend hommage aux victimes ; il marque l’attachement et la compassion à l’égard des rescapés ; il doit vivre c’est-à-dire être lieu de réflexion.

Notre Projet prioritaire: « Education à la paix, à la tolérance, à la citoyenneté et au vivre ensemble »

Le Projet

Suite à la multiplication d’actes antisémites et de crimes racistes impliquant notamment les jeunes, Ibuka France a décidé d’axer le travail d’information et de mémoire sur la promotion des valeurs indispensables au vivre ensemble, à savoir l’unité du genre humain, la dignité de chacun, la liberté, le respect de la diversité, la responsabilité et la citoyenneté. Autrement dit, il s’agit pour nous de faire en sorte que la mémoire du génocide des Tutsi participe au projet global de « L’éducation à la paix, à la tolérance, à la citoyenneté et au vivre ensemble ». Le génocide n’est pas que le musée d’un monde disparu. Il est aussi le miroir des phénomènes de discrimination et d’exclusion de notre monde et de notre temps. Notre projet s’articule autour de trois axes :

1- Promotion du vivre ensemble

Objectif : en apparence anodines et même parfois dérisoires, nos diverses actions visent à affirmer que la valeur humaine est intangible et que l’humanité est une. L’hommage que nous rendons aux victimes du génocide commis contre les Tutsi au Rwanda est une dénonciation de toute tentative de nature à porter atteinte à la dignité de la personne humaine. Le but du projet que nous présentons est de donner à ce travail de mémoire une signification concrète pour nos contemporains, ici et maintenant. Depuis quelques années, nous intervenons dans les écoles ou auprès des associations de la société civile pour témoigner, à travers l’histoire du génocide des Tutsi, de l’expérience limite et des conséquences de la mise en abîme des valeurs humaines. Nous souhaitons renforcer cette activité de manière à contribuer au travail d’éducation formelle et informelle en vue d’enrayer la montée de l’intolérance et de l’extrémisme radical, de combattre les discriminations, le racisme et de promouvoir le respect des diversités, la tolérance et le vivre ensemble. En d’autres termes, l’enjeu fondamental de la mémoire est l’éducation. Notre investissement pour que ce qui s’est passé ne soit pas oublié serait incomplet s’il n’avait pour corollaire la sensibilisation de la jeunesse aux génocides et aux crimes contre l’humanité du XXIème siècle (outre le génocide des Tutsi, faire connaître le génocide des arméniens, la Shoah, les crimes du Cambodge). Il serait sans lendemain s’il n’était doublé de préoccupation à semer les graines de la responsabilité, à identifier et à combattre le racisme – même de bon aloi ! –, et toutes formes d’exclusion, à favoriser l’exercice du respect mutuel. L’ignorance est mère des préjugés. Mais encore faut-il qu’elle s’élabore dans les conditions telles qu’elle soit véritablement synonyme d’ouverture. La plus-value de notre intervention à l’école doit permettre d’atteindre cet objectif. Il s’agit, en même temps, d’amener à découvrir sa place dans la collectivité et son insertion dans le monde, à approcher les liens individus/communauté, universel/singulier. L’Internet a rapproché les sociétés et les cultures, les migrations déposent chaque jour les problèmes d’ailleurs à notre porte. Les jeunes ont besoin d’outils et de méthodes pour comprendre et gérer les conséquences de cette irruption d’un monde sans frontières. 

2- Interventions dans les établissements scolaires (Collèges et Lycées) 

Objectif: participer à l’éducation à la paix, à la tolérance, à la prise de conscience et du vivre ensemble. L’importance d’enseigner les génocides du XXème siècle est de plus en plus reconnue. Le travail de mémoire passe prioritairement par l’éducation des enfants et adolescents. Il s’agit en effet d’une part de l’histoire de l’humanité, du devoir de mémoire, mais aussi d’un moment privilégié de réflexion sur le vivre ensemble, la tolérance, les mécanismes de radicalisation, les processus d’émergence des fanatismes, etc. Rappelons qu’en ce qui concerne le Rwanda, les jeunes ont été les premières recrues dans les milices qui allaient commettre le génocide des Tutsi. Notre travail consistera à aider à la mise en place de supports pédagogiques à la disposition des écoles françaises, la société civile et les collectivités publiques. La société civile et les collectivités attendent de nous une contribution à l’éducation à la citoyenneté, à l’accueil de la différence et au vivre ensemble. Les enquêtes récentes montrent que l’école est le lieu par excellence de transmission des connaissances mais aussi de la mémoire. Il y a enfin de plus en plus d’intérêt pour le génocide des Tutsi et surtout pour les témoignages. Dans le domaine de l’éducation, Ibuka France dispose d’une forte expérience. Nous avons participé aux projets ci-après : 

  • participation à la rédaction d’un Kit pédagogique de la Fédération d’Ile-de-France de la ligue de l’enseignement à destination des professeurs dans la cadre de son projet « construire le monde d’après » sur les génocides des Arméniens, des Juifs et des Tutsi ; 
  • Interventions dans les lycées et collèges suivants : 
  • Lycée Simone Weil dans le onzième arrondissement de Paris ; 
  • Lycée Galilée à Gennevilliers en région parisienne ; 
  • Lycée Marcel Pagnol à Athis-Mons en région parisienne ; 
  • Lycée de Coutances (Manche) qui organise une fois tous les deux ans une semaine sur la mémoire depuis 2013 : 
  • A Montargis et Chalette-sur-Loing (Loiret) avec le Lycée Durzy, le Lycée professionnel du Château Blanc, le Collège Paul Eluard, le Lycée professionnel Jeannette Verdier et la SEGPA Paul Eluard et à Orléans avec le Lycée Jean Zay.
  • A Nice, avec le Lycée Polyvalent Régional Thierry Maulnier, Ibuka France est partenaire du programme « Semer quelques graines pour qu’ils deviennent des citoyens actifs » et qui depuis deux ans implique enseignants et élèves de Première dans l’enseignement sur les génocides XXème siècle et se clôture, chaque année, par l’organisation de la semaine de la mémoire à laquelle participent les témoins ou les descendants des victimes, ainsi que les spécialistes et les créateurs dont les travaux et les œuvres sont consacrés à ces sujets ; 
  • A Lyon, avec le Lycée de Belley dans l’Ain, le Lycée des Métiers et des Arts de Lyon, le Lycée Berthollet d’Annecy en Haute-Savoie et de l’Institut des Etudes Politiques de Lyon ; 
  • Ibuka France participe au Projet « Enquêtons sur les génocides pour mieux vivre ensemble aujourd’hui » sur le génocide arménien, la Shoah et le génocide des Tutsi organisé par le Lycée et CFA Emile Mathis Schiltigheim à Strasbourg. Ces quelques exemples illustrent l’ampleur de la demande et montrent l’intérêt où le lieu de transmission et d’éducation à la paix, à la tolérance, à la citoyenneté et au vivre ensemble est essentiellement dans le milieu scolaire. 
  • Enfin, participation aux programmes du Mémorial de la Shoah en vue de la formation des élèves et des professeurs en France et en Europe ; 

 Notre expérience nous a appris que nous pouvons :

  • apporter des connaissances solides et plus précises sur ces événements pour éviter les confusions et contestations sur des sujets « difficiles » ; 
  • faciliter l’appropriation de ces connaissances : amener les élèves à travailler autrement en menant l’enquête et en rencontrant des historiens spécialistes de ces questions et des témoins de l’Histoire ; 
  • provoquer des interrogations sur notre part de responsabilité et sur les leçons à tirer de ces génocides et ce que cela doit changer sur nos manières de vivre ensemble en société ;
  • faire de nos élèves des « passeurs d’Histoire et de mémoire » pour qu’ils transmettent à leurs camarades les savoirs acquis sous la forme de leur choix ; 
  • développer le savoir-vivre ensemble de nos élèves en leur apprenant à collaborer et coopérer dans un objectif commun. En même temps cependant, les équipes enseignantes nous ont fait part de leur difficulté à trouver la documentation sur le génocide des Tutsi. Le matériel pédagogique pour l’enseigner manque. 

3- Construction de l’outil pédagogique:  Il ressort de nos dernières interventions dans les écoles et lycées sur le territoire français que, malgré son intérêt à l’histoire du génocide des Tutsi, la jeunesse manque de matériau pédagogique pour une bonne compréhension des mécanismes de radicalisation et les processus d’émergence des fanatismes qui ont conduit à l’extermination des Tutsi. Alors même que nous parlons de mémoire, il n’existe pas un centre d’information sur le génocide des Tutsi. La documentation est dispersée entre les institutions, les professionnels et autres personnes privées qui l’ont acquise dans l’exercice de leur activité ordinaire. Elle est aussi dans la mémoire des rescapés qui constituent à cet égard des ressources vivantes et de première main. La mémoire du génocide n’appartient pas aux seuls rescapés. Elle fait partie de la mémoire universelle. Le public en demande. C’est aussi le cas des enseignants, des chercheurs et des jeunes journalistes. En France, le Rwanda était très peu connu avant 1994. Par contre, parler du génocide renvoie à une réalité historique que les Français connaissent, la Shoah. Il y a besoin d’un effort d’information pour aider le public à situer un objet qu’il connaît dans une société et un contexte dont il ignore tout. Dans l’espace, c’est une histoire qui s’est passée loin d’ici. Dans le temps, elle est très récente. Comment faire d’un tel objet un lieu d’apprentissage de la communauté humaine ? A court terme, la mise en œuvre du projet passe par la création d’un outil pédagogique sur l’histoire du génocide des Tutsi au Rwanda. Pour commencer nous envisageons de construire un KIT ainsi constitué :

  • un contexte historique (deux pages), situer le génocide des Tutsi dans l’histoire du Rwanda (chronologie, facteurs et causes, acteurs, outils, conséquences, etc.) ; 
  • deux témoignages de rescapés (un texte et/ou une vidéo) ; 
  • un récit de sauvetage ;
  • une histoire de reconstruction ; 
  • des éléments de comparaison avec les autres génocides (les ressemblances et les spécificités) ;
  • un ou deux documents d’archive suivis de questions/réponses ; 
  • des références bibliographiques à l’usage des enseignants. 

A long terme, elle impliquera l’ouverture d’un centre de documentation où enseignants et chercheurs pourront se ressourcer. Ceci demandera un travail visant à :

  • identifier, en France, les lieux où on peut trouver la documentation sur le génocide des Tutsi ;
  •  rechercher et compléter la documentation;
  • construire une base de données (images, sons et textes) ; • mettre au point un support pédagogique (manuel scolaire, site internet, réseaux sociaux, films, etc.).

Termes de références ou dispositions diverses 

1- Notre atout : Il est de trois ordres. Premièrement, Ibuka France a acquis en quelques années une expertise et une notoriété. Deuxièmement, elle peut mobiliser des rescapés pour témoigner. Enfin, elle peut compter sur des branches, appelées cellules locales, implantées dans les régions, ce qui lui confère une insertion forte dans le tissu de la société civile sur l’ensemble du territoire. Ibuka France dispose à ce jour de deux cellules locales : Chalette-sur-Loing (45) et Rhône-Alpes (69).

2- Public visé Nous visons l’école et la société civile. L’école est la première cible. A l’école nous envisageons de travailler avec les équipes enseignantes d’abord et ensuite avec les élèves. Deux niveaux seront concernés : les classes de Troisième des collèges et de Première des Lycées.

3- Durée de mise en œuvre prévue: La mise au point de l’outil pédagogique et la construction du site internet devraient être réalisés dans un délai maximum de deux ans, soit 2017-2018. Des mises à jour seront effectuées en fonction des observations des utilisateurs et de la découverte éventuelle de nouveaux documents. 2016 devrait être l’année de création de notre base documentaire sur support papier (Kit pédagogique) et sur un site internet. Parallèlement à la mise en œuvre de ces outils, le travail d’intervention dans les écoles se poursuivra en fonction de la demande et de notre disponibilité.

4- Eléments d’évaluation du projet : L’évaluation se fera à travers d’un questionnaire rempli par les partenaires (collèges, lycées, associations) et aussi en ligne via notre site internet. Ce questionnaire mentionnera: • le nombre de participants, • la durée des échanges, • l’impact auprès des jeunes, • les recommandations d’amélioration : contenu de l’enseignement, le format, compétences de l’intervenant, types d’animation, la qualité du support pédagogique, etc…

Projet Urumuri

Urumuri2014

Urumuri2014

Le projet Urumuri est l’initiative du Club Urumuri (Lumière en kinyarwanda). Au départ, il est composé de 54 jeunes vivant seuls, tous orphelins du génocide commis contre les Tutsi du Rwanda en 1994. La plupart poursuivent des études lycéennes et quelques uns sont déjà à l’Université ; d’autres n’ont pas de solutions au niveau du travail et sont donc sans moyens. Ces jeunes vivent ensemble depuis 1994, sans accompagnement, dans une maison « commune ». Il ne s’agit pas d’orphelinat structuré, mais d’une simple demeure où 54 jeunes vivent chichement : Après avoir survécu, il s’agit de vivre.

Situation en 2016

En 2014, nous avions envoyé le résultat de nos recherches de fonds au Club Urumuri afin de les aider pour les frais d’inscription, de scolarité, d’hebergement et de transports pour certains devant aller à l’Université, ainsi que pour aider à des travaux de réparations et d’entretien de la maison commune où la plupart résident (un don de 5000euros de l’association luxembourgeoise Amsans Amizero a bien servi). Ceci permettait d’aider 29 orphelins, rescapés du génocide, dans leur scolarité et leur formation professionnelle pour l’année 2015. Ils ont été utilisé pour les frais d’inscription et de scolarité (5 personnes, les autres ayant été pris en charge avec le FARG au Rwanda), les frais d’hébergement et divers (28 jeunes) et pour les réparations. Grâce à cela (mais surtout grâce à leur travail et leur motivation):

Tous (17) passent en année supérieure, par ailleurs, 2 jeunes ont été diplômés (Economie/Gestion) à l’Université du Rwanda (30/7/15), 3 autres le furent en décembre à l’Université Libre de Kigali (11/12/15), 6 autres sont diplômés et recevront bientôt leur diplome à l’IPB, l’INILAK et l’IPRC Kigali. Le jeune diplômé l’an dernier l’est cette année au niveau supérieur. MERCI A TOUS VOS SOUTIENS QUI ONT PERMIS CE RESULTAT. Les jeunes rescapés nous demandent de transmettre leur « Merci »!

En Septembre 2015, nous avons envoyé une partie des besoins relatifs à l’année 2016, les jeunes ayant exprimé un premier besoin pour 11 d’entre eux (Frais d’inscription, scolarité, hébergement et transport) pour l’année 2016; nous disposons en banque des fonds pour couvrir cette année scolaire. Le travail se poursuit, d’autres besoins pourraient se sentir d’ici et de notre côté, nous aurons quelques événements nous permettant de poursuivre notre collecte de fonds.

Pour plus d’informations sur l’évolution du projet, cliquez ici