1- Objectifs

1-1 La mémoire

  • Objectif
    • lutter contre le négationnisme
    • positionner et ancrer le génocide des Tutsi dans la mémoire de la société française
  • Activité
    • Renforcer l’information du public
    •  Mobilisation du public autour de la commémoration
  • Indicateurs de performance :
    • Participation de l’Etat à la cérémonie du 7/4/2019
    • Inscription du génocide des Tutsi sur les programmes scolaires
    • Ouverture des archives
    • Création d’un centre de mémoire et de recherche sur le génocide des Tutsi

1-2 La Justice

  • Objectif :
    • accélérer le traitement et l’achèvement des dossiers
    • accroître les ressources (financières et humaines) du Pole génocide

1-3 Education

  • Prendre une part active dans l’éducation de la jeunesse à la paix, dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme
  • Obtenir l’agrément
  • Interventions dans les écoles (Collèges & Lycées)

Un objectif à long à terme

Un prolongement à l’international : la France pourrait jouer un rôle dans la promotion de la mémoire et de l’enseignement du génocide des Tutsi dans le monde

2- PROGRAMMES 

2-1 A Paris

Dès le 15 mars 2019

Lancement de la campagne de sensibilisation et de pédagogie autour de la connaissance et de la transmission du génocide des Tutsi par des vidéos-témoignages des personnalités.

Samedi 30 mars 2019 – Journée de rencontre des rescapés vivant en Europe

Dans le cadre de la 25ème commémoration et sous son thème « Se souvenir et transmettre pour prévenir», Ibuka France organise une journée de rencontre de tous les rescapés du génocide des Tutsi du Rwanda en 1994 vivant en Europe le samedi 30 mars 2019 à Paris.  L’objet est simple : se rencontrer entre eux, se découvrir et partager après 25 ans des faits. Et la finalité serait de proposer des perspectives pour la transmission de la mémoire du génocide perpétré contre les Tutsi.  Journée organisée en partenariat avec les sections Ibuka Europe

Dimanche 31 mars 2019 – Journée consacrée au témoignage publié

  • Déroulement : journée prenant pour base de référence les récits publiés par les rescapés ou recueillis auprès des rescapés et publiés par des tiers (par exemple le Mémorial de la Shoah). On peut prévoir trois temps de dialogue entre rescapés qui étaient très jeunes et ceux qui étaient adultes, entre témoins du génocide et ceux qui ont recueilli leur témoignage, entre ces deux catégories, d’une part, puis le public, d’autre part.
  • Lieu : Mémorial de la Shoah.
  • Objectif : il ne s’agit pas de démontrer que plusieurs rescapés ont publié le récit de ce qu’ils ont vécu. L’enjeu est plus large : il consiste à réfuter l’infamante accusation de la délation ou de l’instrumentalisation par le pouvoir du Président Kagame, à les encourager à aller plus loin dans le témoignage, à interroger davantage leur mémoire (ils n’ont pas tout dit), à inciter d’autres à faire la même chose. L’écriture du témoignage est en même temps la réponse au déni et la clef de la transmission.
  • Organisation et conception : Mémorial de la Shoah et Ibuka France.
  • Ouverture : visite d’un stand de présentation des livres témoignages.
  • Intervenants : les rescapés écrivains.
  • Objectif : mettre en lumière et en valeur la parole du rescapé, stimuler le témoignage et encourager l’écriture. Cette journée sera au cœur de la 25èmecommémoration.

Lundi 1er avril 2019 – Journée consacrée au négationnisme 

  • Lieu : Mémorial de la Shoah.
  • Contexte : en dépit du travail de la justice et de la recherche historique, la veille des 25 ans du génocide contre les Tutsi est marquée par une résurgence d’un courant qui vise à le banaliser, à le mettre en doute, à le minorer, voire à le nier. Le Que sais-je ? publié il y a plus d’un an sous la signature du professeur Reyntjens, la thèse soutenue en décembre dernier à l’Université Lyon III par Charles Onana et le travail de Judi Rever montrent que le négationnisme du génocide a pris un nouvel essor, utilise des relais dotés d’une force de frappe réelle et s’exprime de manière décomplexée dans des institutions qui accordent une certaine crédibilité.
  • Objectif : identifier les formes et les milieux dans lesquels le négationnisme prospère et se déploie. Mais en mémoire du génocide, nous pourrions nous intéresser au négationnisme originel, celui qui a produit la mort en empêchant de porter l’aide aux victimes. En 1994, il avait pour noms : la guerre et l’humanitaire. Sous le prétexte de faire face à la situation des réfugiés considérée comme la plus grande crise humanitaire de tous les temps, le monde a laissé mourir de leurs blessures, de faim et de soif les survivants du génocide qui se trouvaient au Rwanda. La crise humanitaire, le vibrion du choléra ont occulté le génocide. En prolongement de l’abandon honteux en avril 1994, les rescapés ont été ignorés par une communauté internationale qui a décidé d’ouvrir largement aux réfugiés les vannes d’une compassion qu’elle refusait aux victimes du génocide. On ne l’a pas dit assez mais depuis cette époque, l’humanitaire porte la marque indélébile de la compromission, voire de la trahison. L’affaire congolaise qu’on nous oppose assez souvent est née de cette confusion originale entre drame humain des personnes réfugiées et un génocide.
  • Organisation et conception : Mémorial et Ibuka France. Quelques aspects seront abordés : la spécificité du négationnisme du génocide contre les Tutsi (ce qu’il a de commun avec les autres et ce par quoi il se distingue), sa forme primitive, celle des premiers mois (dans les camps notamment), celui d’aujourd’hui, les outils pour le combattre.

Mardi 2 avril 2019 – Journée de réflexion sur les reconstructions (des personnes, du savoir, de la mémoire et du pays) 

  • Evénement coorganisé avec l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.
  • Objectif : en 1994, la case du Rwanda a brûlé. Les assassins l’ont littéralement mise à sac. En vain, les enfants ont imploré la pitié des voisins aux cœurs endurcis par la propagande et la haine. Pour échapper à la mort, les plus vaillants ont couru jusqu’à perdre haleine, fuyant les meurtriers d’ici sans savoir qu’ils étaient dans tous les pays. En trois mois, la destruction des vies, des choses et des valeurs était totale. Aujourd’hui, elle s’est relevée. La vie repousse sur les ruines de la mort. Quels sont les grands chantiers (décryptage de l’histoire, de l’éducation, de la justice, de la mémoire, de la reconstruction de l’Etat et de la nation, dans un pays où victimes et bourreaux vivent et cohabitent ; décryptage également de la construction d’une économie puissante malgré l’absence de ressources et la situation d’enclavement et de crise régionale profonde et durable) ? Quels sont les ressorts qui sous-tendent ces grands chantiers ? Quels sont les défis, les limites ? Quel est l’impact sur la région et le continent ? 
  • Partenaire : EHESS (elle réunira les chercheurs en sciences sociales).
  • Objectif : dire le Rwanda d’après le génocide.
  • Lieu : EHESS, Amphi François Furet, de 9h00 à 18h00 

Journées réservées aux  scolaires, 2 au 5 avril

  • Problématique : la mémoire et la transmission conduisent à l’implication des jeunes pour cette 25èmecommémoration.  Celle-ci est un moment clef d’éducation de la jeunesse à l’histoire humaine, au vivre ensemble, au devoir de se protéger et de protéger les autres de la haine, de la discrimination, au discernement face au flot d’informations déversé sur Internet et les réseaux sociaux, à la vigilance contre les idéologies radicales qui, sous le prétexte de combattre l’ennemi qu’elles ont construits, rendent la vie et l’épanouissement impossibles y compris pour ses adeptes.
  • Lieu et organisation thématique et logistique : Mémorial de la Shoah/Ibuka France
  • Objectifs : contribuer à l’éducation contre le racisme et l’antisémitisme ; sensibiliser les jeunes au devoir de mémoire, ouvrir en eux les sources de la résilience, semer en eux la graine de la solidarité, de la citoyenneté mondiale et de la responsabilité.

Vendredi 5 avril 2019 – Journée consacrée à la compétence universelle 

  • Organisateurs : Manifestation organisée en partenariat avec la Mairie de Paris, UEJF et SOS Racisme.
  • Contexte : le génocide n’est pas un « drame » au sens grec du terme ou une crise humanitaire de l’ordre des catastrophes naturelles. Le génocide est un crime. On doit donc pouvoir en parler sous l’angle de la loi, du droit, de la justice, de la responsabilité et de la réparation. A cet égard, il est à noter que le génocide contre les Tutsi a mobilisé plus que par le passé, le principe de la compétence universelle. Les procès pour génocide ont été tenus devant les juridictions nationales rwandaises, devant le Tribunal de l’ONU (TPIR), mais aussi devant les juridictions belges, françaises, canadiennes, allemandes, etc. En France, un ancien officier de l’armée rwandaise a été condamné à 25 ans d’emprisonnement, une peine qui a été confirmée en appel (le pourvoi en cassation de l’accusé a par ailleurs été rejeté). Deux maires rwandais ont également été condamnés à emprisonnement à perpétuité. A ce jour, leur procès en appel est toujours en cours. 

Par ailleurs, si la finalité de la mémoire est de prévenir, il nous faut mettre en lien commémoration et travail de la justice, le passé, le présent et l’avenir, articuler commémoration, éducation et travail de la justice. Il nous faut « comprendre que l’histoire est en mouvement, que peut-être on ira à La Haye voir la Cour Pénale internationale avec une classe comme on va Auschwitz, comprendre qu’effectivement le crime de masse ce n’est pas seulement celui qui est dans le livre d’histoire, c’est celui qui se passe aujourd’hui, bien dans notre présent, à nos portes, parfois même depuis notre seuil, maintenant, sans que rien ne garantisse l’avenir. Le présent et l’avenir sont aussi des champs à explorer, car ce sont les enfants en âge scolaire qui en déterminent les voies » (Aurélia Devos, vice-procureure, 1/2/17)

  • Public prioritairement visé : les jeunes et notamment les étudiants en droit, en sciences Politiques et sociales
  • Lieu, organisation et logistique : Ibuka France/Mairie de Paris
  • Objectifs : comprendre le principe et le fonctionnement de la compétence universelle ; interroger sa capacité et ses limites à promouvoir la prévention des crimes contre l’humanité et les génocides, articuler commémoration du passé, compréhension du présent et invention de l’avenir.

Dimanche 7 avril 2019, Cérémonie officielle de commémoration

  • Lieu : Jardin de la mémoire, Paris XIII
  • Déroulement :
    • Témoignages, participation des personnalités officielles et des jeunes collégiens/lycéens
    • Cette cérémonie s’achève dans le geste de dépôts des gerbes au Père Lachaise
    • Un moment de recueillement : une veillée au siège de Médecins du Monde Paris 18ème

Expositions: en direction du grand public  

  • au Mémorial de la Shoah
  • au Mémorial de Drancy
  • sur les grilles de la Mairie de Paris
  • sur les grilles de l’UNESCO

2-2 EN REGIONS

A Chalette

  • le 13 avril : présentation d’une pièce de théâtre écrite par les rescapés de Lyon
  • le 14 avril : cérémonie de la 25ème commémoration

A Lyon

  • le 13 avril 2019: cérémonie de la 25ème commémoration
  • le 28 avril 2019: dépôt d’une gerbe de fleurs devant la stèle à Dieulefit
  • le 18 mai 2019 : dépôt d’une gerbe de fleurs devant la stèle à Cluny



Shares