Ibuka France a la profonde douleur d’annoncer à ses membres et à ses amis que notre grande amie, Sharon Courtoux, nous a été enlevée ce matin.  Après une journée de grande chaleur, le temps commençait à se rafraichir. C’est tout en douceur qu’elle s’est éteinte. A sa famille, nous adressons nos condoléances les plus attristées et lui assurons de notre sympathie.

Les plus jeunes d’entre nous ne connaissent pas Sharon. Les moins jeunes l’ont vue et entendue à l’ouverture des cérémonies du souvenir le 7 avril dans les locaux de Médecins du Monde, jusqu’au jour où elle a été contrainte à l’immobilité. Ils ont lu ses chroniques publiées dans un Bulletin d’information de l’Association Survie, Billet d’Afrique. Passionnée pour l’Afrique et très préoccupée des relations franco-africaines qu’elle voulait saines et justes, Sharon Courtoux a été horrifiée de constater que Paris avait entretenu des relations avec un gouvernement qui à Kigali, pratiquait le racisme en préparant un génocide. Aux côtés de feu François Xavier Verschave, elle a été la cheville ouvrière de l’enquête citoyenne conduite en 2004 et dont le résultat a été publié dans un rapport publié par les Editions Karthala sous un titre sans ambiguïté sur la hauteur de l’indignation : L’horreur qui nous prend au visage. Celles et ceux qui ont côtoyé Sharon pourront en témoigner : elle a consacré les 20 dernières années de sa vie active en solidarité et en communion avec les rescapés du génocide des Tutsi, au point de ne pas pouvoir aller en vacances !

Nous pleurons une disparition. Mais en même temps, nous rendons hommage à une grande figure de l’humanisme et de l’engagement pour la vérité, la justice et la dignité des plus fragiles. Heureux sont les proches et la famille qui ont accompagné une personnalité aussi exceptionnelle. Aux condoléances que nous leur adressons, nous joignons une profonde gratitude.

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