Ejo, suivi de Lézardes et autres nouvelles

De Béata Umubyeyi Mairesse

Editions Autrement

« Ejo » : au Rwanda, le même mot désigne « hier » et « demain ». Un seul mot pour se remémorer les temps fanés et raconter ce que peut être la vie après le génocide des Tutsi. Les trente nouvelles de ce recueil nous font entrer avec tendresse et lucidité dans l’ intimité de femmes et d’enfants dont le destin est bouleversé par l’histoire. Une mosaïque de tons, entre désenchantement et espoir, pour réaffirmer notre humanité commune.
  • 416 pages – 115 x 186 mm
  • Broché
  • EAN : 9782746755932
  • ISBN : 9782746755932

VERS LE SITE DE L’ÉDITEUR

A vos agendas : deux événements à ne pas manquer

Vous êtes conviés à deux événements co-organisés par le Mémorial de la Shoah et Ibuka France. En cette période de crise sanitaire, ces événements seront organisés et diffusés par Zoom.

→ Le dimanche 20 décembre 2020 à 14h30

Couverture du livre Sans ciel ni terre d'Hélène DumasEcrire l’histoire de la guerre et des Violences à partir des sources enfantines

À l’occasion de la parution de Sans ciel ni terre. Paroles orphelines du génocide des Tutsi (1994-2006), d’Hélène Dumas, La Découverte, 2020. Le livre tente une écriture de l’histoire du génocide des Tutsi à hauteur d’enfant, donnant à voir et à entendre l’expression singulière d’une expérience collective, au plus près des mots des enfants. Archives saturées d’affects puissants, de descriptions minutieuses et terribles du cruel assassinat des parents, des frères et sœurs et des aïeux, ces récits d’enfance constituent une source précieuse, permettant de voir autrement l’histoire du dernier génocide du XXème siècle. En présence de l’auteure et de Manon Pignot, historienne, maîtresse de conférences HDR à l’université de Picardie Jules-Verne. Animée par Laurent Larcher, essayiste et journaliste à La Croix.

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→ Le dimanche 20 décembre 2020 à 16h30

À l’occasion de la parution de Rwanda 1994. Paroles de rescapés. Témoignages du génocide perpétré contre les Tutsi, ouvrage collectif préfacé par Maurice Dorès, l’Harmattan, 2020. La prise de parole par les rescapés est une démarche précieuse et indispensable. C’est une veilleuse pour guider nos pas, et leurs mots sont des clés pour déjouer les pièges du vivre-ensemble dans un monde de plus en plus complexe. Un immense défi a été imposé au Rwanda post-génocide. Celui de retrouver des corps disparus dans le déshonneur le plus inhumain en vue de les enterrer avec dignité. Le témoignage peut avoir cette fonction aussi. Celle d’apaiser l’esprit et la conscience des survivants tout en faisant œuvre de transmission et d’éducation. En présence de Marie- Claire Barakagwira, d’Anita Cyabakanga et de Leiny Munyakazi, rescapées, et de Maurice Dorès, ethnologue et cinéaste. Animée par Esther Mujawayo, psychothérapeute et cofondatrice d’Avega (Association des veuves du génocide d’avril 1994).

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Voici le Flyer

 

Protestation contre l’hommage public à Bernard Debré

Plaque inaugurée au Jardin de la Mémoire (Parc de Choisy Paris 13ème) le 7 avril 2016 par la Mairie de Paris

A l’annonce du projet de baptiser « une voie ou une place parisienne » du nom de Bernard Debré  dans le 17ème arrondissement de Paris, Ibuka France et ses partenaires ont récemment adressé une lettre à Monsieur Geoffroy Boulard (le Maire de cet arrondissement) afin de protester contre ce projet eu égard aux écrits publiés dans le passé par Monsieur Debré, visant notamment à minorer ou banaliser de façon outrancière l’histoire du génocide commis contre les Tutsi au Rwanda en 1994. Les signataires de cette lettre, que nous publions ci-dessous, exigent l’abandon pur et simple d’un tel projet:

Monsieur le Maire,

Lors de la séance du conseil municipal du XVIIème arrondissement, tenue le 2 novembre 2020, les élu-es ont voté à l’unanimité le projet de baptiser « une voie ou une place parisienne » du nom de Bernard Debré. Vous avez, à cette occasion, salué son engagement politique parisien et national ainsi que sa carrière dans le domaine médical en France et dans le monde. Toutefois, comment oublier dans cet éloge que les écrits signés par Bernard Debré au sujet du génocide commis contre les Tutsi au Rwanda en 1994 seraient aujourd’hui passibles d’être poursuivis en justice pour négationnisme ? Et qu’ils vont contre la volonté manifestée par le Président Macron en 2019 de transmettre la mémoire du génocide contre les Tutsi ?

En 1998, Bernard Debré faisait paraître Le Retour du Mwami : la véritable histoire des génocides rwandais, apportant crédit aux thèses défendues par les falsificateurs de l’Histoire, dès l’époque du génocide. Il sacrifiait dans ces pages à l’idée d’un projet hégémonique « tutsi » qui expliquerait à la fois le génocide commis en 1994 ainsi que la déstabilisation de l’Afrique centrale dans les années suivantes. A cette lecture ethniste caricaturale, s’ajoutait la minoration du génocide commis contre les Tutsi par la défense de la thèse fallacieuse du « double génocide », suggérée par le sous-titre de l’ouvrage ou affirmée par la phrase suivante : « le nettoyage ethnique organisé par les Tutsi se révèle aussi brutal et organisé que le génocide perpétré par les Hutu ». Il qualifiait par ailleurs les Tutsi de « nazis avant l’heure ».

Engagés pour la défense de la mémoire et de l’histoire des victimes et des rescapé-es du génocide contre les Tutsi au Rwanda, nous ne saurions fermer les yeux sur l’apport de Bernard Debré au dévoiement d’une histoire aussi douloureuse.

Non, il n’y a pas eu « des génocides rwandais » mais bien un seul, dont les victimes désignées étaient les Tutsi.

Non, ce génocide n’est pas le fruit d’un complot ourdi par des Tutsi pour s’emparer du pouvoir au prix des vies de leurs proches. C’est bien le résultat d’un processus politique engagé depuis 1959 par un pouvoir Hutu extrémiste, revendiquant une suprématie au nom du « peuple majoritaire » hutu, responsable de l’instauration d’un régime de discrimination systématique des Tutsi.

Non, dénaturer un génocide, fût-il commis en terre africaine, n’est pas un acte anodin, fût-il assumé par un médecin de renom et un ancien ministre de la République française.

Plus de vingt-six ans après les faits, en dépit des travaux historiques accumulés qui permettent une compréhension claire de l’enchaînement des évènements, ainsi que des enjeux politiques et éthiques liés à ce crime contre l’humanité, nous constatons avec regret que les manipulations opérées au sujet de l’histoire du génocide commis contre les Tutsi au Rwanda en 1994 n’empêchent pas un hommage public à leur auteur.

La seule mesure appropriée pour réparer cette offense à la mémoire des victimes et stopper ce qui ressemble très fort à une désinformation du public est qu’aucune rue de Paris ne soit ainsi dénommée.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, l’assurance de notre considération distinguée.

Les signataires,

  • Pour Ibuka France : Etienne Nsanzimana, Président
  • Pour la Communauté rwandaise de France : Angélique Ingabire, Présidente
  • Pour le Collectif des parties civiles pour le Rwanda : Alain Gauthier, Président
  • Pour le Collectif VAN : Séta Papazian, Présidente
  • Pour SOS Racisme : Dominique Sopo, Président
  • Pour la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme : Mario Stasi, Président
  • Pour Survie : Fabrice Tarrit, Président
  • Pour l’Union des Étudiants Juifs de France : Noémie Madar, Présidente

Copie à : Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris.

 

Rwanda, ils parlent – Témoignages pour l’histoire

Livre de Laurent Larcher, paru le 21 mars 2019

25 ans après le génocide des Tutsis au Rwanda, ces entretiens inédits avec des acteurs de l’époque, hauts fonctionnaires, politiques, militaires, journalistes et prêtres français confirment le naufrage épouvantable de notre diplomatie, et la faillite morale de nos autorités.
Laurent Larcher a rencontré ceux qui, depuis 25 ans, défendent sans sourciller leur action au Rwanda, et il restitue, sans filtre, leur version de l’Histoire. Sous l’effet des questions répétées du journaliste, et confronté, notamment, aux témoignages de Bernard Kouchner, Guillaume Ancel et d’un autre soldat de Turquoise, qui affirment que l’armée française a organisé des opérations offensives, après le début du génocide, contre le FPR de Kagamé, le discours officiel (la France ne savait pas, Turquoise est un modèle d’opération humanitaire) a commencé à se lézarder.
Ces multiples entretiens sont, en soi, des documents précieux, un livre pour l’histoire. Mais ils sont aussi une nouvelle étape dans le dévoilement de l’implication de l’armée française dans le génocide des Tutsis. Ce livre fait entendre le fond de la pensée des principaux acteurs de cette implication, et permet de mesurer l’étendue de leur aveuglement. 25 ans après, rien n’a changé dans la conscience de ceux qui ont soutenu le régime meurtrier d’Habyarimana.

Pour plus d’informations et commande: https://livre.fnac.com/a13189388/Laurent-Larcher-Rwanda-ils-parlent-Temoignages-pour-l-histoire

RWANDA, CHRONIQUE D’UN GÉNOCIDE ANNONCÉ , Film de Michael Sztanke

© Babel Doc / Spicee

Le génocide des Tutsis, au Rwanda, n’a pas encore livré tous ses secrets. Des procédures visant des génocidaires sont en cours, ainsi que d’autres à l’encontre de militaires français de l’opération Turquoise, qui, sous mandat de l’ONU, devaient faire stopper les massacres et protéger les civils. Quel rôle a vraiment joué la France, meilleur soutien du régime hutu de Juvénal Habyarimana dans sa guerre contre la rébellion tutsi du Front patriotique rwandais ? Pour certains dirigeants français, l’opération Turquoise devait, sous couvert d’humanitaire, remettre en selle le gouvernement intérimaire rwandais, auteur du génocide. Pourquoi, depuis 25 ans, le nom de la France est-il associé à la tragédie rwandaise ? Quel rôle a-t-elle vraiment joué ? L’opération Turquoise aurait-elle servi de prétexte pour sauver le régime génocidaire des extrémistes hutus ?

Pour plus d’informations,  allez sur le site de Spicee :   https://www.spicee.com/fr/tag/rwanda-202