Lutter pour l’universel

Retrouvez la vidéo de la table ronde tenue ce jour , 11 avril 2021,  sur le thème « Lutter pour l’universel : mener son combat, ceux des autres et celui de l’humanité (quelle solidarité militante ?)». En présence de :

  • Ara Toranian , CoPrésident du CCAF
  • Albert Herszkowicz, Président de l’association Mémorial 98 ;
  • Iannis Roder, professeur d’histoire-géographie, responsable des formations au Mémorial de la Shoah.
  • Noémie Madar, Présidente l’UEJF
  • Modérateur : Etienne Nsanzimana, Président d’Ibuka France 

Vous pouvez visionner la totalité du débat de bonne qualité très animé et riche sur notre compte YouTube

Déconstruire les discours négationnistes

Dans le cadre de la 27ème commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda, un des thèmes prévus au programme « Déconstruire les discours négationnistes » dont le débat a eu lieu ce 9 avril par Zoom.

En présence de:

  • Hélène Dumas, historienne et chargée de recherche au CNRS ;
  • Romain Poncet, professeur agrégé d’histoire ;
  • Guillaume Ancel, ancien officier ayant participé notamment à l’opération Turquoise en 1994 ;
  • François Graner, membre de l’association Survie.

Modérateur : Aymeric Givord, membre de Conseil d’administration d’Ibuka France.

Vous pouvez visionner la totalité du débat de bonne qualité très animé et riche sur notre compte YouTube

 

 

 

Activités pédagogiques du mois de Mars 2021

Le mois mars 2021 aura été chargé en activités en milieux scolaires pour Ibuka France avant les commémorations internationales du génocide contre les Tutsi du Rwanda qui débutent dès le 7 avril prochain.

© Marion Pouliquen

Ainsi à la demande d’établissements scolaires et de partenaires, Ibuka France est intervenue :

Au collège Romain Rolland à Pontivy (56300) : deux interventions sur l’histoire du génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda en 1994 afin de sensibiliser les jeunes aux devoirs de mémoire, au vivre ensemble et à leur rôle de citoyen de demain suivies des témoignages de rescapés.

Avec l’Association Tremplins de Bruxelles : intervention sur l’histoire du génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda en 1994 afin de sensibiliser les jeunes aux devoirs de mémoire, au vivre ensemble et à leur rôle de citoyen de demain : des clés de compréhension du contexte historique, de l’idéologie et des outils ayant mené au génocide, en ateliers par Visioconférence.

A l’Université populaire du 92

Le 30 mars, Marcel Kabanda, Patrick de Saint-Exupéry et Delphine Umwigeme ont participé à une conférence à l’Université populaire du 92 sur le génocide contre les Tutsi en 1994 et sur le rôle de la France au Rwanda.

En partenariat avec le Mémorial de la Shoah et dans le cadre de la semaine d’éducation contre le racisme et l’antisémitisme du 22 au 28 mars 2021 (La Semaine d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme | Ministère de l’Education Nationale de la Jeunesse et des Sports),

Ibuka France s’est jointe au service pédagogique de cette institution pour organiser des témoignages de rescapés du génocide des Tutsi devant les élèves de collèges (de l’Assomption à Bondy ou Marais de Villiers à Montreuil) pour ne citer qu’eux et leurs professeurs.

 

 

© Marion Pouliquen

Enfin, avec la Fédération de Paris de la Ligue de l’enseignement dans le cadre du parcours scolaire du projet éducatif commun dans une classe de 3ème du collège Cité Scolaire Paul Valéry, Paris 12ème, notre intervention s’est déroulée  en deux temps : sur l’histoire du génocide contre les Tutsi suivie d’un témoignage d’une rescapée et un spectacle préparé et présenté par Catherine Decastel, metteure en scène.

 

Communiqué de Presse d’Ibuka France

Remise du rapport de la « Commission Duclert » 

Ibuka France prend acte de la remise, ce jour, du rapport préparé par la Commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi (1990-1994).  La « Commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi (1990-1994) » a publié ce jour, 26 mars 2021, son rapport conclusif. Ibuka France prend acte de la clôture de ses deux années de travaux.

Ibuka France se réserve désormais la possibilité d’un examen critique approfondi de ce document et d’un droit de réponse au contenu dudit rapport, coordonné par M. Vincent Duclert à la demande expresse de M. le Président Emmanuel Macron.

Nous tenons à réaffirmer l’absence d’implication directe ou indirecte d’Ibuka France, à quelque niveau que ce soit, dans le lancement, le développement et l’élaboration des conclusions de la Commission initiée par les autorités de la République française.

Ibuka France tient enfin à saluer le travail accumulé depuis vingt-sept ans par des chercheurs, journalistes et historiens qui a permis d’établir un savoir solide et circonstancié sur les différents aspects du dernier génocide du XXème siècle.

La recherche historique est une œuvre continue qui ne saurait trouver de point final par la seule décision politique. Ibuka France se tient aux côtés de toutes celles et ceux qui continueront à inscrire et éclairer le génocide contre les Tutsi au Rwanda dans la mémoire collective. C’est un enjeu capital pour la poursuite de nos autres missions, qui sont la justice et le soutien aux rescapés du génocide.

Paris, le 26 Mars 2021.

27èmes Commémorations du génocide contre les Tutsi à Paris

À l’occasion de la 27ème commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994, Ibuka France vous convie aux cérémonies du souvenir, le 7 avril 2021, ainsi qu’à l’ensemble des événements programmés jusqu’en juin 2021. Ces différents moments seront autant d’occasion de manifester un soutien aux rescapé-es du génocide contre les Tutsi, ainsi qu’à leur famille, dans cette période éprouvante de crise sanitaire.

Les commémorations de l’année 2021 seront placées sous le double signe de la transmission de la mémoire et de la lutte contre le négationnisme.

Dès le 7 avril 2021, vous pourrez retrouver en ligne, sur les réseaux sociaux ainsi que les sites d’Ibuka France et ses partenaires, des chants de recueillement et des témoignages de rescapé-es et de différentes personnalités.

Vingt-sept ans après le crime, en France comme dans le monde, les discours falsificateurs et complotistes conservent leur vigueur et exigent une vigilance renouvelée. Comprendre les ressorts de cette rhétorique (table ronde du 9 avril 2021), penser les moyens d’action civique contre son influence (programme du 11 avril 2021), interroger le rôle politique des institutions internationales et celui de la presse dans la présentation de l’histoire du génocide depuis 1994 (tables rondes du 5 juin 2021) sont autant de questions majeures pour notre temps. Cette année encore, ces événements seront organisés virtuellement sous forme de visioconférences interactives. Vous pouvez nous envoyer vos témoignages avant le 5 avril prochain à : contact@ibuka-france.org

Nous vous enverrons les liens de connexion ultérieurement. Votre présence à nos côtés renforce notre détermination à transmettre cette mémoire. Vous trouverez ci-joint notre programme à date.

 

Appel aux dons Ibuka France

Chers membres , Chers amis ,

 

Nous espérons que vous vous portez bien ainsi que vos proches en cette période sombre pour chacun de nous tous. En effet, l’année 2020 se termine dans des conditions sanitaires éprouvantes et inédites ; elle a été marquée par la pandémie de Covid-19 et a modifié nos modes de vie et de notre façon de travailler

Le 7 avril 2020,  au 26ème anniversaire du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994, nous avons rendu hommage aux victimes. Ces commémorations que nous devons aux morts et nous croyons que c’est la meilleure manière de combattre l’ignorance et de lutter contre le négationnisme en France et ailleurs. Ce hommage s’est déroulé de façon virtuelle avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication sans nous rassembler, sans faire une veillée commémorative habituelle regroupant tous les rescapés dont l’isolement s’était doublement accru avec les mesures de confinement.

En 2021, nous voulons mettre en place un dispositif d’accompagnement permettant de rompre leur isolement, pour leur donner la parole contribuant ainsi à leur épanouissement. Il est important de travailler avec les rescapés afin que les programmes de l’Association soient les leurs. Pour cet accompagnement, Ibuka France voudrait recourir aux prestations des professionnels de santé en psychothérapie pour un travail d’identification des besoins des rescapés vivant en France.

En parallèle , nous avons initié un deuxième projet ambitieux de bibliothèque pour organiser :

  • des ressources documentaires de base de l’association et faciliter ainsi l’accès à tout public à l’archivage de tous documents relatifs au génocide commis contre les Tutsi et à la Mémoire: livres, recueil de témoignages et de collecte d’archives.
  • une base de données et d’informations consultable et un contenu pédagogique adapté aux jeunes permettant un travail pertinent d’éducation aux droits de l’homme, à la citoyenneté et à la tolérance.
  • des rencontres des rescapés du génocide des Tutsi dans ce lieu convivial.

Ce double projet  de « création d’un espace documentaire et accompagnement psychologique des rescapés» verrait  le jour en 2021-2022 et dont son budget prévisionnel s’élève à 35640€.

Ibuka France sollicite votre générosité pour pouvoir relever cet immense défi et vous remercie par avance de votre soutien. Votre don vous donne droit à une réduction d’impôt sur le revenu égale à 66% du montant du don effectué.

Vous pouvez faire un don (unique ou mensuel quel que soit le montant) :

Merci de votre soutien et bienveillance.

 

 

 

Invitation à l’assemblée générale d’Ibuka France

 

Cher membre, Cher ami,

Vous êtes convié-e à l’assemblée générale annuelle ordinaire de votre association qui se tiendra le Samedi 06 Février 2021 de 14h à 18h00.

Au vu de la situation sanitaire actuelle, les informations pratiques sur le lieu de réunion vous seront communiquées ultérieurement.

L’ordre du jour

  1. Présentation du Rapport moral, d’activités et Financier de 2020
  2. Vote des rapports
  3. Perspectives de l’association
  4. Questions diverses
  5. Renforcement du Conseil d’Administration et du Bureau.

Rappel

Pour le bon déroulement des activités de votre association, nous vous demandons, à l’occasion de cette Assemblée générale annuelle, de vous acquitter, si vous ne l’avez pas encore fait, de votre cotisation de l’année 2020 et d’en faire autant pour 2021 d’un montant de 20 Euros :

  • par chèque à l’ordre d’Ibuka France et l’envoyer à l’adresse au siège de l’association au : 42, rue du Moulin de la Pointe, 75013 Paris.
  • ou en ligne sur notre site sécurisé, https://www.ibuka-france.org/je-fais-un-don/

Nous comptons sur la présence et le soutien de chacun dans l’engagement qui constituent un gage de la pérennité de notre association. 

Par ailleurs, nous avons lancé un appel aux dons pour nos projets de 2021 décrits sur la plateforme HelloAsso que vous retrouvez avec le lien, ICI.

Joyeuses Fêtes de fin d’Année 2020 et Heureuse 2021.

Invitation jointe

Un grand merci aux donateurs

Début juin 2020, nous avons lancé une action de solidarité en faveur d’une rescapée vivant au Rwanda.: https://www.ibuka-france.org/solidarite-pour-une-rescapee-du-genocide-contre-les-tutsi-au-rwanda/

Voici le message de remerciement d’Espérance Patureau.

 » Je vous espère toutes et tous en très bonne santé.
Le virement d’un montant qui s’élève à 7 195€ a été envoyé au Rwanda le 8 décembre 2020 pour soutenir l’action d’aide pour une rescapée du génocide contre les Tutsi du Rwanda en 1994, action impulsée par la cellule locale d’Ibuka-France du Montargois que vous avez bien voulu soutenir.
Nous avons l’habitude de mener des actions de grande envergure et sur du long terme grâce à nos activités que le contexte sanitaire actuel ne nous aurait pas permis de réaliser sans votre générosité.
51 participations ont été nécessaires pour permettre à notre petite cellule d’atteindre cette somme. C’est donc au nom de tous les membres que je vous redis un grand merci. Comme vous le verrez dans le virement, ICI, c’est par le biais d’une association des rescapés du génocide que cette action va être menée. C’est cette association qui est à la base de ce projet, c’est elle qui reçoit le montant récolté, qui se chargera de son bon déroulement  et qui nous rendra des comptes. Des précautions ont été prises pour éviter trop de frais bancaires. C’est pour cette raison qu’on peut avoir l’impression qu’on a pris du retard , mais le contexte sanitaire n’a pas facilité la tâche. Il a fallu plus de temps pour mobiliser les membres de la trésorerie afin qu’ils puissent ouvrir un sous compte en devises (euros), dédié uniquement à cette action de solidarité ponctuelle, pour éviter le mélange avec le fonctionnement habituel. Je pense que ces longues explications étaient nécessaires pour un premier message, veuillez m’en excuser, je serai plus brève la prochaine fois. Merci encore infiniment.
N’hésitez pas à visiter le site d’Ibuka-France pour suivre nos actions et nos activités.
J’en profite pour vous souhaiter à vous et à vos familles de bonnes fêtes de fin d’année.

Espérance Patureau,
Présidente de la Cellule d’Ibuka-France du Montargois

Décembre 2020

A vos agendas : deux événements à ne pas manquer

Vous êtes conviés à deux événements co-organisés par le Mémorial de la Shoah et Ibuka France. En cette période de crise sanitaire, ces événements seront organisés et diffusés par Zoom.

→ Le dimanche 20 décembre 2020 à 14h30

Couverture du livre Sans ciel ni terre d'Hélène DumasEcrire l’histoire de la guerre et des Violences à partir des sources enfantines

À l’occasion de la parution de Sans ciel ni terre. Paroles orphelines du génocide des Tutsi (1994-2006), d’Hélène Dumas, La Découverte, 2020. Le livre tente une écriture de l’histoire du génocide des Tutsi à hauteur d’enfant, donnant à voir et à entendre l’expression singulière d’une expérience collective, au plus près des mots des enfants. Archives saturées d’affects puissants, de descriptions minutieuses et terribles du cruel assassinat des parents, des frères et sœurs et des aïeux, ces récits d’enfance constituent une source précieuse, permettant de voir autrement l’histoire du dernier génocide du XXème siècle. En présence de l’auteure et de Manon Pignot, historienne, maîtresse de conférences HDR à l’université de Picardie Jules-Verne. Animée par Laurent Larcher, essayiste et journaliste à La Croix.

Je m’inscris 

Après votre inscription, vous recevrez un lien de connexion par Zoom.

→ Le dimanche 20 décembre 2020 à 16h30

À l’occasion de la parution de Rwanda 1994. Paroles de rescapés. Témoignages du génocide perpétré contre les Tutsi, ouvrage collectif préfacé par Maurice Dorès, l’Harmattan, 2020. La prise de parole par les rescapés est une démarche précieuse et indispensable. C’est une veilleuse pour guider nos pas, et leurs mots sont des clés pour déjouer les pièges du vivre-ensemble dans un monde de plus en plus complexe. Un immense défi a été imposé au Rwanda post-génocide. Celui de retrouver des corps disparus dans le déshonneur le plus inhumain en vue de les enterrer avec dignité. Le témoignage peut avoir cette fonction aussi. Celle d’apaiser l’esprit et la conscience des survivants tout en faisant œuvre de transmission et d’éducation. En présence de Marie- Claire Barakagwira, d’Anita Cyabakanga et de Leiny Munyakazi, rescapées, et de Maurice Dorès, ethnologue et cinéaste. Animée par Esther Mujawayo, psychothérapeute et cofondatrice d’Avega (Association des veuves du génocide d’avril 1994).

Je m’inscris 

Après votre inscription, vous recevrez un lien de connexion par Zoom.

Voici le Flyer

 

Protestation contre l’hommage public à Bernard Debré

Plaque inaugurée au Jardin de la Mémoire (Parc de Choisy Paris 13ème) le 7 avril 2016 par la Mairie de Paris

A l’annonce du projet de baptiser « une voie ou une place parisienne » du nom de Bernard Debré  dans le 17ème arrondissement de Paris, Ibuka France et ses partenaires ont récemment adressé une lettre à Monsieur Geoffroy Boulard (le Maire de cet arrondissement) afin de protester contre ce projet eu égard aux écrits publiés dans le passé par Monsieur Debré, visant notamment à minorer ou banaliser de façon outrancière l’histoire du génocide commis contre les Tutsi au Rwanda en 1994. Les signataires de cette lettre, que nous publions ci-dessous, exigent l’abandon pur et simple d’un tel projet:

Monsieur le Maire,

Lors de la séance du conseil municipal du XVIIème arrondissement, tenue le 2 novembre 2020, les élu-es ont voté à l’unanimité le projet de baptiser « une voie ou une place parisienne » du nom de Bernard Debré. Vous avez, à cette occasion, salué son engagement politique parisien et national ainsi que sa carrière dans le domaine médical en France et dans le monde. Toutefois, comment oublier dans cet éloge que les écrits signés par Bernard Debré au sujet du génocide commis contre les Tutsi au Rwanda en 1994 seraient aujourd’hui passibles d’être poursuivis en justice pour négationnisme ? Et qu’ils vont contre la volonté manifestée par le Président Macron en 2019 de transmettre la mémoire du génocide contre les Tutsi ?

En 1998, Bernard Debré faisait paraître Le Retour du Mwami : la véritable histoire des génocides rwandais, apportant crédit aux thèses défendues par les falsificateurs de l’Histoire, dès l’époque du génocide. Il sacrifiait dans ces pages à l’idée d’un projet hégémonique « tutsi » qui expliquerait à la fois le génocide commis en 1994 ainsi que la déstabilisation de l’Afrique centrale dans les années suivantes. A cette lecture ethniste caricaturale, s’ajoutait la minoration du génocide commis contre les Tutsi par la défense de la thèse fallacieuse du « double génocide », suggérée par le sous-titre de l’ouvrage ou affirmée par la phrase suivante : « le nettoyage ethnique organisé par les Tutsi se révèle aussi brutal et organisé que le génocide perpétré par les Hutu ». Il qualifiait par ailleurs les Tutsi de « nazis avant l’heure ».

Engagés pour la défense de la mémoire et de l’histoire des victimes et des rescapé-es du génocide contre les Tutsi au Rwanda, nous ne saurions fermer les yeux sur l’apport de Bernard Debré au dévoiement d’une histoire aussi douloureuse.

Non, il n’y a pas eu « des génocides rwandais » mais bien un seul, dont les victimes désignées étaient les Tutsi.

Non, ce génocide n’est pas le fruit d’un complot ourdi par des Tutsi pour s’emparer du pouvoir au prix des vies de leurs proches. C’est bien le résultat d’un processus politique engagé depuis 1959 par un pouvoir Hutu extrémiste, revendiquant une suprématie au nom du « peuple majoritaire » hutu, responsable de l’instauration d’un régime de discrimination systématique des Tutsi.

Non, dénaturer un génocide, fût-il commis en terre africaine, n’est pas un acte anodin, fût-il assumé par un médecin de renom et un ancien ministre de la République française.

Plus de vingt-six ans après les faits, en dépit des travaux historiques accumulés qui permettent une compréhension claire de l’enchaînement des évènements, ainsi que des enjeux politiques et éthiques liés à ce crime contre l’humanité, nous constatons avec regret que les manipulations opérées au sujet de l’histoire du génocide commis contre les Tutsi au Rwanda en 1994 n’empêchent pas un hommage public à leur auteur.

La seule mesure appropriée pour réparer cette offense à la mémoire des victimes et stopper ce qui ressemble très fort à une désinformation du public est qu’aucune rue de Paris ne soit ainsi dénommée.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, l’assurance de notre considération distinguée.

Les signataires,

  • Pour Ibuka France : Etienne Nsanzimana, Président
  • Pour la Communauté rwandaise de France : Angélique Ingabire, Présidente
  • Pour le Collectif des parties civiles pour le Rwanda : Alain Gauthier, Président
  • Pour le Collectif VAN : Séta Papazian, Présidente
  • Pour SOS Racisme : Dominique Sopo, Président
  • Pour la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme : Mario Stasi, Président
  • Pour Survie : Fabrice Tarrit, Président
  • Pour l’Union des Étudiants Juifs de France : Noémie Madar, Présidente

Copie à : Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris.