Inauguration d’une stèle commémorative en hommage aux victimes du génocide des Tutsi à Strasbourg, ce 27 janvier 2020

 Message du Président d’Ibuka France, Marcel Kabanda, au Maire de Strasbourg , lu par Jeanne Kayigirwa Allaire, sa représentante à la cérémonie.

La date du 27 janvier est dédiée à la mémoire des génocides. Ibuka France salue la mémoire des victimes du génocide des Arméniens, de la Shoah et des Tutsi. L’inauguration d’une stèle en la mémoire des victimes du génocide commis contre les Tutsi au Rwanda répond parfaitement à l’appel de la Communauté internationale à une prise de conscience des menaces contre l’humanité et à semer dans les esprits les graines des défenses de la paix, à savoir, la solidarité, la fraternité, la responsabilité….

Cette belle stèle est le fruit d’une histoire, d’un travail que nous tenons à saluer. Notre premier salut va à l’association Amariza d’Alsace et à tous ses membres qui ont été la cheville ouvrière de cet évènement. Nous pensons aussi à toutes les personnes qui travaillent depuis des années à transmettre la mémoire et l’histoire du génocide des Tutsi dans cette région de France mais qui se trouve au cœur de l’histoire tourmentée de l’Europe mais aussi, et ceci est important, de la géographie d’un continent réconcilié.

Il y a exactement deux ans, le 27 Janvier 2018, nous avons inauguré une plaque avec le Maire de Lutterbach (68460) en mémoire des victimes de tous les génocides et crimes contre l’humanité. Aujourd’hui, c’est dans la capitale de l’Alsace qu’une stèle en hommage aux victimes tutsi est installée. Comme une tâche d’huile, la connaissance de l’histoire de ce génocide prend de l’ampleur. Nous espérons en retour, un recul de l’indifférence, du déni et du négationnisme. 

Enfin, nous tenons à dire un grand merci à Monsieur le Maire de Strasbourg, Monsieur Roland Ries ainsi qu’à vos collaborateurs. Lorsque nous l’avons rencontré à Kigali en juin dernier à l’occasion de la réunion du bureau de l’Association des Maires francophones, il a promis de faire participer la Ville de Strasbourg à l’hommage que d’autres villes de France ont déjà commencé à rendre à la mémoire du génocide des Tutsi du Rwanda. Il l’a fait. Qu’il soit remercié. En effet, son geste va au-delà des Tutsi, du Rwanda et des Rwandais. C’est l’ensemble de la population de Strasbourg qu’il fait rentrer dans le combat pour protéger l’humanité. 

Pour terminer, cette ville a maintenant un héritage. Elle a le devoir de l’entretenir et de le faire fructifier. En raison de son ancrage dans l’histoire et dans la géographie de l’Europe, nous attendons d’elle qu’elle participe au déploiement de cet héritage au-delà des frontières hexagonales. Ce n’est pas un héritage comme les autres. Il s’agit de la mémoire d’un moment de grande rupture de l’humanité. Notre appartenance à cette même humanité nous demande de ne pas oublier ces moments, de garder et de transmettre la mémoire de celles et ceux qui en ont été directement victimes. Certes, la rupture a affecté des individus dans un espace particulier, mais elle nous concerne tous quelque soit le lieu où nous puissions nous trouver. A cet égard, je me dois de relayer le message que nous a transmis le 22 janvier dernier un rescapé de la Shoah : ne jamais laisser personne seule, même dans l’enfer, la solidarité peut rendre la vie possible (libre traduction). Communier à la mémoire des victimes d’un crime commis loin de nous, participer à sa transmission, est sans doute la meilleure manière d’apprendre aux jeunes que la solidarité humaine relève de l’absolu. 

Marcel Kabanda, Président d’Ibuka France

Communiqué de Presse

A l’occasion de la journée internationale de l’Holocauste, ce 27 janvier 2020, Ibuka France se joint à la Communauté internationale pour rendre hommage à la mémoire des victimes des génocides perpétrés pendant le XXème siècle. Nous pensons aux victimes du génocide des Arméniens, de la Shoah, aux victimes du génocide des Tutsi, à toutes les vies que la barbarie de l’homme a brisées. Il est de notre devoir de garder et de transmettre la mémoire de ces grands moments de rupture dans notre humanité. Ils font partie de notre héritage quelque soit l’endroit où nous nous trouvons.

Le XXIème siècle n’a pas commencé sous des auspices meilleurs. Notre actualité est riche en mauvaises nouvelles. Ici et là, des extrémismes en tous genres, des radicalismes identitaires et leur cortège de peur et du rejet de l’autre se font jour. Ailleurs, des individus ou des groupes d’individus sont persécutés, traqués, torturés, assassinés ou contraints de vivre dans la privation et/ou dans la clandestinité lorsqu’ils ne se jettent pas à corps perdus sur le chemin périlleux de l’exil. 

L’humanité est notre maison commune. Il nous appartient de la réparer chaque fois qu’elle se fissure et de prévenir tout ce qui pourrait menacer la quiétude et la joie de vivre des enfants, des femmes et des hommes qu’elle accueille. La récurrence des crimes contre l’humanité dans l’histoire a montré que le défi est considérable. Selon le témoignage d’un rescapé de la Shoah entendu le 22 janvier 2020 à l’UNESCO, seule la culture du partage et de la solidarité permettrait d’y parvenir. Il est urgent d’armer la jeunesse en semant dans leur esprit les graines du vivre ensemble et de la responsabilité.

Marcel Kabanda, Président d’Ibuka France

Invitation à l’assemblée générale du 08 Février 2020

L’assemblée générale annuelle ordinaire de votre association se tiendra le Samedi 08 Février 2020 de 14h à 18h00 . Vous êtes cordialement invité-e

Lieu : 

5 Bis, rue du Louvre 

75001 Paris

L’ordre du jour : 

1- Présentation du Rapport moral, d’activités et Financier 

2- Vote des rapports 

3- Perspectives de l’association 

4- Questions diverses

5- Renouvellement du Conseil d’Administration (CA) et du Bureau 

Rappels

1- Le CA et le bureau actuels arrivent au terme de leur mandat. Leur renouvellement est un signe de l’engagement de chacun et un gage de la pérennité de notre association. C’est donc une AG ordinaire à caractère exceptionnel.

2- Pour le bon déroulement des activités de votre association, nous vous demandons, à l’occasion de cette Assemblée générale annuelle, de vous acquitter, si vous ne l’avez pas encore fait, de votre cotisation de l’année 2019 et d’en faire autant pour 2020 d’un montant de 20 Euros par chèque à l’ordre d’Ibuka France et l’envoyer à l’adresse : Maison des Associations, 23, rue Greneta, 75002 PARIS 

ou le faire en ligne sur notre site sécurisé, https://www.ibuka-france.org/je-fais-un-don/

N comptons sur votre présence et soutien

e-mail : contact@ibuka-france.org

Assemblée générale de la Cellule d’Ibuka à Chalette

Notre Assemblée Générale aura lieu le dimanche 26 janvier 2020 14h à la Maison des Associations de Chalette :

l’ordre du jour sera le suivant :

présentation et vote du rapport moral, du rapport d’activités et des projets à venir, et du rapport financier

informations diverses

questions et échanges

Nous clôturerons cette réunion par un moment de partage autour d’une galette.

Assemblée générale d’Ibuka Rhône-Alpes

La Cellule locale d’Ibuka France, Ibuka Rhône-Alpes tient son Assemblée générale annuelle le samedi 25 janvier 2020 de 15h00 à 17h30

Adresse: Chez Locaux Motiv’ au 10 bis rue Jangot 69007 Lyon (Métro D arrêt Guillotière ou Saxe Gambetta et tram T1 arrêt Guillotière ou St André).

Ordre du jour:

  • Présentation des rapports moral, d’activités et financier 2019
  • Vote des rapports 
  • Élection du nouveau conseil d’administration et du bureau 
  • Projets et perspectives d’avenir 

N.B. Merci de penser à votre adhésion pour 2020 par chèque, espèces ou virement (IBAN: 30002  01036  0000099069X  07)

Nous vous souhaitons en avance nos meilleurs vœux à vous et tous ceux qui vous sont chers.

Indignation et stupéfaction d’Ibuka France

Ibuka France a écrit une lettre à la Présidente Directrice Générale aux Éditions Larousse pour réagir au contenu du dictionnaire Larousse Junior 2020 .

Notre association est stupéfaite et scandalisée de découvrir l’article publié sur le Rwanda dans l’édition LAROUSSE Junior 2020. Selon votre ouvrage, ce pays aurait donc été dévasté par « la guerre civile entre les deux peuples qui l’habitent, les Hutu et les Tutsi ». 

Vingt-cinq ans après, vous ne pouvez pas ignorer qu’il s’agit d’un génocide. Plusieurs livres et articles ont été publiés à ce sujet. Des procès ont été tenus et des condamnations ont été prononcées. Un arrêt de 2006 du Tribunal pénal international qui siégeait à Arusha en Tanzanie, l’a consacré comme un fait de notoriété publique [V. notamment l’affaire n° ICTR-98-44-AR73(C)].

En outre, depuis le décret n° 2019-435 du 13 mai 2019 « relatif à la commémoration annuelle du génocide des Tutsi », le génocide perpétré contre les Tutsi est entré dans la mémoire collective française et fait désormais partie des programmes d’enseignement. 

A l’heure où il apparaît essentiel d’éduquer les jeunes à honorer la mémoire des victimes, pour les sensibiliser sur des valeurs de tolérance et le mieux vivre ensemble en paix, votre contribution sur le Rwanda est un contre-témoignage car elle prêche la banalisation d’un génocide. 

Comment expliquer alors cet article ? Une incapacité à distinguer « guerre civile » et « génocide » ? Un parti pris négationniste ou un déficit d’information et de connaissances sur l’événement majeur de la fin du XXème siècle ? Est-ce parce que c’est l’Afrique, ce continent où tous les chats sont noirs et dont il serait permis de parler sans chercher vraiment à le connaître ?

Nous exigeons des mesures appropriées pour réparer cette offense à la mémoire des victimes et stopper ce qui ressemble très fort à une tentative d’intoxication de la jeunesse.

Je vous remercie pour votre attention. 

Marcel KABANDA, Président d’Ibuka France

Semaine parisienne de lutte contre les discriminations

Dans le cadre de la semaine parisienne de lutte contre les discriminations du  7 décembre au 14 décembre 2019, et en partenariat avec la Mairie de Paris, la MAIF et le Lycée Diderot Paris 19ème,  Ibuka France intervient dans cet établissement scolaire le 11 décembre de 09h à 12h. Avant l’intervention, Madame Aurélia Merle d’Aubigné, Professeur d’Histoire, a effectué un grand travail bien documenté « Éclairage historique sur le génocide des Tutsi du Rwanda : Comprendre les dynamiques qui ont conduit au génocide ». Le dossier se compose des diaporamas explicatifs des périodes avant, pendant et après le génocide. Et aussi, une exposition prêtée par le Mémorial de la Shoah sera installée. La brochure des programmes de la semaine de lutte contre les discriminations est ci-jointe

Ibuka France participe à cette manifestation par : 

  • Une introduction à l’histoire du génocide perpétré contre les Tutsi pour sensibiliser la conscience de la jeune génération au vivre ensemble et à la paix pour une société humaine.
  • Une projection d’un film documentaire « Mon Voisin Mon tueur » d’Anne Aghion, est proposée et suivie par une discussion sur le retournement du voisin, l’impératif de la justice pour restaurer le vivre ensemble et par un témoignage d’un rescapé du génocide des Tutsi qui partagera son histoire vécue pendant le génocide.
Gacaca -Inkiko Ngororero

Résumé du film : En 1994, au Rwanda, des centaines de milliers de Hutu sont incités à exterminer la minorité Tutsi. De la capitale à la colline la plus retirée du pays, les « patrouilles » locales hutu, armées de machettes et d’autres outils improvisés, massacrent sans distinction parents, amis et proches.
Sept ans plus tard, en 2001, le gouvernement met en place les Gacaca (prononcez Ga-cha-cha), des tribunaux de proximité, dans lesquels les Rwandais des collines sont appelés à juger leurs voisins. 

Dans le cadre de cette expérience de réconciliation, les génocidaires ayant avoué leurs crimes sont relâchés, tandis que les survivants traumatisés sont invités à leur pardonner et à vivre à leurs côtés.

Filmé sur près de dix ans sur une même colline, Mon voisin, mon tueur retrace l’impact de ces gacaca sur les survivants et les bourreaux. A travers les peurs et les colères, les accusations et les dénis, les vérités floues, l’inconsolable tristesse et l’espoir dans la vie retrouvée, Anne Aghion nous donne à voir le chemin émotionnel vers la coexistence.

Activités d’Ibuka France en Novembre et décembre 2019

Du du 02 au 03 novembre, Ibuka France a réuni au siège de Médecins du Monde à Paris les associations du Collectif Ibuka Europe qu’elle préside actuellement. Ce Collectif comprend : Ibuka Belgique, Italie, Hollande, Suisse et France. Ibuka Rwanda et la future association Ibuka Allemagne étaient aussi invitées à cette rencontre annuelle.

Pour plus d’informations, https://www.ibuka-france.org/assemblee-generale-du-collectif-ibuka-europe-du-2-3-novembre-2019/

Du 12 au 14 novembre 2019 : journées de la mémoire autour des commémorations de l’armistice dans la commune, de la mémoire des génocides du XXe siècle & de la Retirada organisée par le Lycée Albert Einstein Bagnols-sur-Cèze (Gard).

Ibuka France est intervenue pour une conférence de sensibilisation auprès des élèves par l’histoire récente du génocide contre les Tutsi du Rwanda en 1994 et par conséquent, les sensibiliser au devoir du vivre ensemble, à la tolérance et à la prise de conscience.

Cette conférence était suivie par un témoignage d’une rescapée du génocide des Tutsi pour informer ces élèves sur ce qu’elle a vécu. 

Le 9 novembre 2019, Ibuka France a participé au rassemblement en mémoire de la Nuit de Cristal, organisé par Memorial 98 avec d’autres partenaires comme le Collectif VAN, la LDH, l’AFMA, et autres  

Pour plus d’informations, http://www.memorial98.org

Ibuka France, participe à la 10ème Convention nationale du CRIF le 17 novembre.

Parmi les conférences de la journée, Marcel Kabanda intervient à la conférence-débat intitulée  » Comment apprendre des tragédies du passé ? » au Palais des Congrès à Paris. Pour plus d’informations et inscription aux conférences qui vous intéressent dans le programme de la journée: http://www.crif.org/fr/actualites/convcrif-10eme-convention-nationale-du-crif-inscrivez-vous-aux-conferences-qui-vous-interessent

A Chalette

Comme chaque année, la cellule d’Ibuka du Montargois basée à Chalette sur Loing va participer activement aux activités organisées par la Mairie de Chalette. https://www.ibuka-france.org/wp-content/uploads/2018/12/Marché-Noel-1516déc-Chalette.jpg

Comme chaque année, la cellule d’Ibuka du Montargois basée à Chalette sur Loing va participer activement aux activités organisées par la Mairie de Chalette.

Ce samedi 16 Novembre :  participation au Festival des Solidarités dans la salle « LE HANGAR » à Chalette, à partir de 17h00.

=> Animation du stand au village associatif par la présentation au public des objets achetés au Rwanda et, vendus pour aider au financement des actions d’aide pour les rescapés vivant au Rwanda.

Le 17 Novembre, nous serons au Marché du Monde à Montbouy une petite commune à quelques kilomètres de Chalette. Ce marché est à l’initiative d’une association Montbouy’Anim et il va avoir lieu pour la septième fois. Nous sommes une des six associations culturelles ou humanitaires, représentants six pays différents. Nous y serons de 10h30 à 17h00.

Le 30 novembre au 1er décembre nous participerons au « Festival du Livre Engagé » à Chalette.  C’est un collectif d’association du Montargois qui s’est créé il y a 11 ans cette année.

Chaque année nous invitons un auteur qui vient présenter son livre. Cette année ce sera KABARARI Valens, rescapé du génocide des Tutsi, qui a eu l’occasion de venir présenter sa pièce de théâtre « Tutsi » pour la 25ème commémoration et avait déjà parlé de son livre « VIVANT » ; il viendra pendant les deux jours au stand de la cellule pour la vente, la dédicace et l’échange avec le public. Ce festival nous donne l’occasion d’échanger avec différentes autres associations et de nous enrichir auprès des personnes vraiment engagées.  Sa pièce de théâtre et son livre avaient déjà été très appréciés dans le Montargois le 13 Avril dernier (le jour la 25ème commémoration) ; il ne vient pas en parfait inconnu ! Nous avions également exposé les images de sa pièce  de théâtre « TUTSI »

En décembre

  • La semaine parisienne de lutte contre les discriminations est prévue du 07 au 14 décembre 2019. Ibuka France participe à cette manifestation par une projection d’un film documentaire « Mon Voisin Mon tueur » d’Anne Aghion, au lycée Diderot Paris 19ème

Ce film sera suivi par une discussion sur le retournement du voisin, l’impératif de la justice pour restaurer le vivre ensemble et par un témoignage d’un rescapé du génocide des Tutsi 

  • Dans le cadre d’une convention signée en juin dernier entre le Mémorial de la Shoah et la CNLG, Ibuka France participe à la Formation à l’histoire de la Shoah et du génocide des Tutsi au siège de la CNLG à Kigali du 17 au 19 décembre 2019

Une cinquantaine de stagiaires de la CNLG et de l’association Ibuka Rwanda et Aegis Trust (ONG britannique qui milite pour la prévention du génocide dans le monde entier) y ont participé.

A Chalette

Le 21 et 22 décembre nous participerons au Marché de Noël de Chalette avec une nouvelle déco arrivée fraîchement du Rwanda cette année, nous espérons avoir le plus beau stand ! La fête de Chalette et le marché de Noël sont les deux événements qui nous rapportent le plus des ventes et qui nous permettent aussi de toucher le plus de monde

La vente des objets nous sert de support pour pouvoir entrer facilement en contact avec les gens, discuter avec le public et le sensibiliser sur notre cause.

Enfin, nous préparons nos assemblées générales prévues en début d’année 2020, et vous pouvez déjà noter les dates dans vos agendas:

La Cellule d’Ibuka Rhône-Alpes, le 25 Janvier 2020

La Cellule d’Ibuka de Chalette, le 26 Janvier 2020

Ibuka France, le 8 Février 2020 

Vous recevrez prochainement les invitations et le rappel de cotisations pour celles et ceux qui ne se sont pas acquittés pour l’année 2019. 

Pour tout renseignement complémentaire: contact@ibuka-france.org

Justice: Procès de Fabien Neretse à Bruxelles

Le procès de Fabien Neretse a commencé jeudi 7 novembre 2019 devant la cour d’assises de Bruxelles, avec la lecture de l’acte d’accusation. Ce procès devrait durer une période de six semaines.

Qui est Fabien Neretse ? 

Fabien Neretse de nationalité rwandaise, âgé de 71 ans et vivant en France, est accusé de crime de génocide envers les tutsi du Rwanda et de crimes de guerre pour avoir commis, en tant que co-auteur, et tué un nombre indéterminé de personnes, dont treize ont été identifiées et dont certaines étaient d’origine tutsie. Les faits s’étaient produits au Rwanda en 1994, durant le génocide des Tutsis dans son voisinage du quartier Nyamirambo. Parmi les victimes figuraient une Belge, Claire Beckers, son mari, Isaïe Bucyana, et leur fille Katia.

L’accusé est aussi suspecté d’avoir commandité des meurtres dans le Nord-Ouest du Rwanda, entre mai et juillet 1994. Selon l’accusation, Fabien Neretsé, en tant que personnalité influente à Mataba, son village natal dans la préfecture de Ruhengeri, avait créé, entretenu et financé une milice d’Interahamwe qui avait commis de nombreux massacres.

Le site de la RTBF Belgique, détaille ce procès et les accusations reprochées à Fabien Nereste: https://www.rtbf.be/info/societe/detail_debut-ce-lundi-du-proces-de-fabien-neretse-accuse-de-crime-de-genocide-au-rwanda?id=10357136

Aussi, selon le site du CPCR, cet homme avait été « retrouvé à Angoulême en 2008 où il habitait sous un nom d’emprunt: celui de son père, Fabien NSABIMANA.  Le CPCR avait alors aussitôt déposé une plainte contre lui. A noter toutefois que Fabien NERETSE était visé par une plainte de la FIDH et de SURVIE depuis octobre 2000, mais cette plainte était restée sans suite dans la mesure où personne n’avait pu savoir où il se trouvait alors.

La justice française a décidé d’extrader Fabien NERETSE vers la Belgique où il était aussi poursuivi. C’est son procès qui commence cette semaine, madame Martine BECKERS étant la partie civile principale, sa soeur, son beau-frère et une de ses nièces ayant été tués à Kigali »

Résumé de l’audience du 8 novembre 2019 sur le site du CPCR 

Accusé de crime de génocide

Fabien Neretsé conteste toute implication dans ce crime. Il a notamment déclaré que certains des témoins qui l’accusent lui sont inconnus.

Le jeudi 19 décembre 2019, après 48 heures de délibération, le jury Cour d’assises de Bruxelles a rendu un jugement inédit. Fabien Neretse a été reconnu coupable d’avoir participé au génocide des Tutsi en 1994 et donc coupable de » crime de génocide, de crimes de guerre et homicides intentionnels à Kigali et à Mataba ».

Il est condamné à 25 ans de prison.

Un arrêt qualifié d’historique » par les parties civiles » et une première pour la justice belge qui n’avait jusque-là prononcé que des condamnations pour « crimes contre l’humanité » a dit le Président du CPCR.

Assemblée générale du Collectif Ibuka Europe du 2-3 novembre 2019

Ibuka France a réuni du 2 au 3 novembre 2019 au siège de Médecins du Monde à Paris les associations du Collectif Ibuka Europe qu’elle préside actuellement. Ce Collectif comprend : Ibuka Belgique, Italie, Hollande, Suisse et France.

Ibuka Rwanda et la future association Ibuka Allemagne étaient aussi invitées à cette rencontre annuelle. 

L’ordre du jour de cette rencontre :

  • Rapport d’activités 2019 , essentiellement sur les activités de la 25ème commémoration dans chaque section: les réalisations, les difficultés rencontrées et les leçons apprises
  • Un plan d’actions à court termes du Collectif 

En termes  de réalisations, toutes les sections ont organisé la 25ème commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda sous le thème commun « Mémoire et transmission » par des conférences, colloques, expositions et témoignages, rassemblements et marches du souvenir  dans les grandes villes.

Au Rwanda

Egide Nkuranga, Vice Président d’Ibuka Rwanda, a présenté l’associationIBUKA est une organisation de droit rwandais qui a été créée en 1995 et qui regroupe actuellement 15 associations membres. Elle a été reconnue par la loi en 2001.

La vision est d’être une société où la mémoire du génocide perpétré contre les Tutsis est préservée, où tous les rescapés du génocide sont socialement intégrés, économiquement actifs et vivant en pleine dignité. 

La mission est de se pencher sur tous les problèmes causés par le génocide, répondre au souci de coordonner toutes les activités relatives aux problèmes que connaissent les rescapés du génocide perpétré contre les Tutsis et représenter ces derniers vis-à-vis des tiers.

Les principales activités réalisées au cours de ces 9 dernières années (2010 -2019) sont notamment les suivantes :

1- Mémoire et documentation 

  • La participation active dans l’organisation et la coordination des activités de commémoration du génocide perpétré contre les Tutsis;
  • L’appui aux différentes activités de construction et réhabilitation des sites mémoriaux du génocide perpétré contre les Tutsis ;
  • La collaboration avec différents chercheurs qui travaillent sur des thèmes liés au génocide ;
  • La conception et la coordination des activités relatives au projet du Jardin de la Mémoire en collaboration avec des Institutions étatiques qui ont la mémoire dans leurs attributions;
  • En 2011, le projet pilote d’identification des justes dans 60 secteurs en raisons de 2 secteurs par District a été mené dont 271 justes ont été retenus ;
  • 250 témoignages de rescapes, des justes et autres ont été collectés; 
  • Une recherche a été menée en 2012 sur le niveau de compréhension des activités de commémoration par la population rwandaise ;
  • Identifications des familles complètement exterminées dans tous le pays en collaboration avec GAERG (une des Associations membres d’IBUKA). Cette identification montre que 15.593 familles dont 68.871 membres de familles (papa, maman et les enfants) ont tous perdu leurs vies pendant le génocide perpétré contre les Tutsi. 
  • L’assistance juridique et judiciaire aux survivants du génocide ;
  • Plus de 100.000 corps récemment trouvés ont été inhumés en dignité .

2- Justice

  • La participation active au processus d’élaboration de différentes lois en rapport avec le génocide perpétré contre les Tutsi
  • La participation active dans le processus d’exécution des jugements des juridictions Gacaca concernant des biens des familles Tutsi qui ont été endommagés pendant le génocide perpétré contre les Tutsi :  
    • De 2002 – 2012, les juridictions Gacaca ont jugé 1.320.554 cas des biens endommagés ;
    • Le 31/03/2019, le rapport du MINIJUST montre que 1.171.345 de cas ont été exécutés ;
    • 149.209 de cas restent suite aux différentes raisons entre autres la pauvreté, l’absence des personnes concernées et autres raisons ;
    • Suivi et plaidoyer plus de 1.200 des jeunes survivants du génocide dont leurs biens ont été pris par d’autres personnes après le génocide. Seulement 85 restent encours de jugement par les tribunaux habilités;
    • Donner des conseils juridiques aux rescapes du génocide, etc
  • Rapporter et faire le suivi des cas d’idéologie génocidaires qui se manifestent chaque année. Par exemple en 2018, IBUKA a rapporté 141 cas et 149 cette année de 2019.

3- Affaires sociales

  • La réhabilitation psychologique aux différents rescapés du génocide traumatisés en particulier et à la communauté en général. Malgré peu de moyens disponibles, en collaboration avec les associations membres, IBUKA coordonne les activités d’interventions de plus de 2500 animateurs psycho sociaux qui sont bases au niveau des  secteurs surtout pendant la période de la commémoration. Grace à ces APS, chaque année, IBUKA produit le rapport sur les cas de traumatismes qui se sont présentés. L’exemple de ces deux dernières années est comme suit :
    • 2104 de cas en 2018
    • 2518 de cas en 2019 
  • 90 groupes thérapeutiques ont été formés et accompagnés en 2015 ;
  • La Plaidoyer sur le problème de la santé mentale d’où une recherche a été menée par le Ministère de la sante et on a trouvé que 35,2% des survivants du génocide souffrent du traumatisme ; 
  • La gestion de conflits communautaires et la médiation.
  • Suivi de près la scolarisation des rescapés du génocide.
  • Identification de 1560 veuves/veufs du génocide qui ont perdu tous leurs membres de familles qui ont vraiment besoin une aide d’urgence. Cette identification a été faite en collaboration avec AVEGA et des institutions gouvernementales habilitées. Suite a la plaidoirie, 4 centres d’accueils pour ces dits veuves ont été construites a savoir : BUGESERA, HUYE, NYANZA et RUSIZI ;
  • Plus de 120 maisons ont été construites et réhabilitées en faveur des rescapes du génocide ;
  • 750 familles ont reçu les appareils des énergies solaires ;
  •  Le plaidoyer auprès des instances habilitées pour que les conditions de vie des rescapés du génocide soient améliorées
  • Consultation et traitement de l’hépatite B dans les provinces du Sud et Est : 67.000 déjà traites.  

 4- Renforcement institutionnel de l’organisation

  • Renforcement des comités d’IBUKA au niveau local ;
  • Représentation d’IBUKA dans des réunions stratégiques de haut niveau ;
  • IBUKA et YAHAD IN UNUM à Paris: protocole d’accord signé il y a 3 trois ans
  • IBUKA et le District de Kicukiro, collaboration signée pour gérer le site mémorial de Nyanza- Kicukiro
  • IBUKA et Mémorial de la Shoah à Paris : MoU signé en Juin 2019. 
  • IBUKA et MTEK Sciences ; 
  • Et autres.

Ces activités ont eu un impact positif sur la vie des rescapés du génocide et la communauté en général mais le chemin est encore long. Plus particulièrement, les besoins des rescapés du génocide dépassent largement les moyens dont dispose le collectif IBUKA.

Il y a des problèmes qui persistent, des nouveaux qui apparaissent et des besoins non encore satisfaits.

Les principaux sont les suivants :

  • L’idéologie génocidaire manifeste et entretenue par certaines personnes ou institutions;
  • Le problème de logements ;
  • Peu d’accès aux soins de santé, surtout les soins spécialisés qui se traitent en dehors du pays.
  • Traumatisme psychologique ;
  • Manque d’encadrement des jeunes, combiné avec la vulnérabilité ;
  • Des rescapés du génocide très nécessiteux ayant besoin d’une assistance ;
  • La justice formelle en faveur des rescapés du génocide
  • Chômage pour ceux qui ont eu la chance d’étudier et cela combiné avec la vulnérabilité.
  • Renforcement des capacités de IBUKA Rwanda et associations membres. 

En guise de conclusion, on remarque que l’analyse de l’environnement interne et externe d’IBUKA montre qu’IBUKA a du potentiel sur lequel il doit s’appuyer, des opportunités à saisir, et doit corriger certaines faiblesses et atténuer les menaces décrits ci-dessus afin qu’il puisse remplir sa mission et pour cela, il incombe la conjugaison de nos efforts et surtout une vibrante collaboration avec les sections IBUKA ou qu’elles soient. Rappelons – nous que nos problèmes sont les mêmes. 

A l’issue de l’assemblée générale, les participants ont fait un plan d’actions pour le Collectif 

  1. Clarifier rapidement la situation administrative d’Ibuka Europe. C’est une responsabilité d’Ibuka Belgique. Elle le fera avec l’appui du Président d’Ibuka Europe
  2. Renforcer ou entreprendre là où la pratique n’existe pas encore, les rencontres de rescapés. Dans cette perspective, il a été particulièrement souligné qu’il est important d’identifier les rescapés les plus vulnérables, ceux qui ont davantage besoin de ces rencontres mais qui n’en bénéficient pas, soit parce qu’ils ne sont pas au courant, soit parce qu’ils n’ont pas, matériellement les moyens de s’y rendre. 
  3. Une 3ème ligne d’action est née du bilan d’Ibuka Rwanda présenté par Egide Nkuranga: il est recommandé à chaque section de faire tout ce qu’elle peut afin de trouver des partenaires ou des volontaires pour Ibuka Rwanda dans le domaine de la santé ou de la mémoire.

Cependant, deux remarques

  1. Ces actions sont à la charge des sections. Un bilan sera fait dans un an à la prochaine assemblée générale. 
  2. Chaque section va les développer en fonction de sa situation propre. Certaines sont plus aptes à mobiliser les partenaires qu’à organiser des rencontres de rescapés