Semaine parisienne de lutte contre les discriminations

Dans le cadre de la semaine parisienne de lutte contre les discriminations du  7 décembre au 14 décembre 2019, et en partenariat avec la Mairie de Paris, la MAIF et le Lycée Diderot Paris 19ème,  Ibuka France intervient dans cet établissement scolaire le 11 décembre de 09h à 12h. Avant l’intervention, Madame Aurélia Merle d’Aubigné, Professeur d’Histoire, a effectué un grand travail bien documenté « Éclairage historique sur le génocide des Tutsi du Rwanda : Comprendre les dynamiques qui ont conduit au génocide ». Le dossier se compose des diaporamas explicatifs des périodes avant, pendant et après le génocide. Et aussi, une exposition prêtée par le Mémorial de la Shoah sera installée. La brochure des programmes de la semaine de lutte contre les discriminations est ci-jointe

Ibuka France participe à cette manifestation par : 

  • Une introduction à l’histoire du génocide perpétré contre les Tutsi pour sensibiliser la conscience de la jeune génération au vivre ensemble et à la paix pour une société humaine.
  • Une projection d’un film documentaire « Mon Voisin Mon tueur » d’Anne Aghion, est proposée et suivie par une discussion sur le retournement du voisin, l’impératif de la justice pour restaurer le vivre ensemble et par un témoignage d’un rescapé du génocide des Tutsi qui partagera son histoire vécue pendant le génocide.
Gacaca -Inkiko Ngororero

Résumé du film : En 1994, au Rwanda, des centaines de milliers de Hutu sont incités à exterminer la minorité Tutsi. De la capitale à la colline la plus retirée du pays, les « patrouilles » locales hutu, armées de machettes et d’autres outils improvisés, massacrent sans distinction parents, amis et proches.
Sept ans plus tard, en 2001, le gouvernement met en place les Gacaca (prononcez Ga-cha-cha), des tribunaux de proximité, dans lesquels les Rwandais des collines sont appelés à juger leurs voisins. 

Dans le cadre de cette expérience de réconciliation, les génocidaires ayant avoué leurs crimes sont relâchés, tandis que les survivants traumatisés sont invités à leur pardonner et à vivre à leurs côtés.

Filmé sur près de dix ans sur une même colline, Mon voisin, mon tueur retrace l’impact de ces gacaca sur les survivants et les bourreaux. A travers les peurs et les colères, les accusations et les dénis, les vérités floues, l’inconsolable tristesse et l’espoir dans la vie retrouvée, Anne Aghion nous donne à voir le chemin émotionnel vers la coexistence.

Activités d’Ibuka France en Novembre et décembre 2019

Du du 02 au 03 novembre, Ibuka France a réuni au siège de Médecins du Monde à Paris les associations du Collectif Ibuka Europe qu’elle préside actuellement. Ce Collectif comprend : Ibuka Belgique, Italie, Hollande, Suisse et France. Ibuka Rwanda et la future association Ibuka Allemagne étaient aussi invitées à cette rencontre annuelle.

Pour plus d’informations, https://www.ibuka-france.org/assemblee-generale-du-collectif-ibuka-europe-du-2-3-novembre-2019/

Du 12 au 14 novembre 2019 : journées de la mémoire autour des commémorations de l’armistice dans la commune, de la mémoire des génocides du XXe siècle & de la Retirada organisée par le Lycée Albert Einstein Bagnols-sur-Cèze (Gard).

Ibuka France est intervenue pour une conférence de sensibilisation auprès des élèves par l’histoire récente du génocide contre les Tutsi du Rwanda en 1994 et par conséquent, les sensibiliser au devoir du vivre ensemble, à la tolérance et à la prise de conscience.

Cette conférence était suivie par un témoignage d’une rescapée du génocide des Tutsi pour informer ces élèves sur ce qu’elle a vécu. 

Le 9 novembre 2019, Ibuka France a participé au rassemblement en mémoire de la Nuit de Cristal, organisé par Memorial 98 avec d’autres partenaires comme le Collectif VAN, la LDH, l’AFMA, et autres  

Pour plus d’informations, http://www.memorial98.org

Ibuka France, participe à la 10ème Convention nationale du CRIF le 17 novembre.

Parmi les conférences de la journée, Marcel Kabanda intervient à la conférence-débat intitulée  » Comment apprendre des tragédies du passé ? » au Palais des Congrès à Paris. Pour plus d’informations et inscription aux conférences qui vous intéressent dans le programme de la journée: http://www.crif.org/fr/actualites/convcrif-10eme-convention-nationale-du-crif-inscrivez-vous-aux-conferences-qui-vous-interessent

A Chalette

Comme chaque année, la cellule d’Ibuka du Montargois basée à Chalette sur Loing va participer activement aux activités organisées par la Mairie de Chalette. https://www.ibuka-france.org/wp-content/uploads/2018/12/Marché-Noel-1516déc-Chalette.jpg

Comme chaque année, la cellule d’Ibuka du Montargois basée à Chalette sur Loing va participer activement aux activités organisées par la Mairie de Chalette.

Ce samedi 16 Novembre :  participation au Festival des Solidarités dans la salle « LE HANGAR » à Chalette, à partir de 17h00.

=> Animation du stand au village associatif par la présentation au public des objets achetés au Rwanda et, vendus pour aider au financement des actions d’aide pour les rescapés vivant au Rwanda.

Le 17 Novembre, nous serons au Marché du Monde à Montbouy une petite commune à quelques kilomètres de Chalette. Ce marché est à l’initiative d’une association Montbouy’Anim et il va avoir lieu pour la septième fois. Nous sommes une des six associations culturelles ou humanitaires, représentants six pays différents. Nous y serons de 10h30 à 17h00.

Le 30 novembre au 1er décembre nous participerons au « Festival du Livre Engagé » à Chalette.  C’est un collectif d’association du Montargois qui s’est créé il y a 11 ans cette année.

Chaque année nous invitons un auteur qui vient présenter son livre. Cette année ce sera KABARARI Valens, rescapé du génocide des Tutsi, qui a eu l’occasion de venir présenter sa pièce de théâtre « Tutsi » pour la 25ème commémoration et avait déjà parlé de son livre « VIVANT » ; il viendra pendant les deux jours au stand de la cellule pour la vente, la dédicace et l’échange avec le public. Ce festival nous donne l’occasion d’échanger avec différentes autres associations et de nous enrichir auprès des personnes vraiment engagées.  Sa pièce de théâtre et son livre avaient déjà été très appréciés dans le Montargois le 13 Avril dernier (le jour la 25ème commémoration) ; il ne vient pas en parfait inconnu ! Nous avions également exposé les images de sa pièce  de théâtre « TUTSI »

En décembre

  • La semaine parisienne de lutte contre les discriminations est prévue du 07 au 14 décembre 2019. Ibuka France participe à cette manifestation par une projection d’un film documentaire « Mon Voisin Mon tueur » d’Anne Aghion, au lycée Diderot Paris 19ème

Ce film sera suivi par une discussion sur le retournement du voisin, l’impératif de la justice pour restaurer le vivre ensemble et par un témoignage d’un rescapé du génocide des Tutsi 

  • Dans le cadre d’une convention signée en juin dernier entre le Mémorial de la Shoah et la CNLG, Ibuka France participe à la Formation à l’histoire de la Shoah et du génocide des Tutsi au siège de la CNLG à Kigali du 17 au 19 décembre 2019

Une cinquantaine de stagiaires de la CNLG et de l’association Ibuka Rwanda et Aegis Trust (ONG britannique qui milite pour la prévention du génocide dans le monde entier) y ont participé.

A Chalette

Le 21 et 22 décembre nous participerons au Marché de Noël de Chalette avec une nouvelle déco arrivée fraîchement du Rwanda cette année, nous espérons avoir le plus beau stand ! La fête de Chalette et le marché de Noël sont les deux événements qui nous rapportent le plus des ventes et qui nous permettent aussi de toucher le plus de monde

La vente des objets nous sert de support pour pouvoir entrer facilement en contact avec les gens, discuter avec le public et le sensibiliser sur notre cause.

Enfin, nous préparons nos assemblées générales prévues en début d’année 2020, et vous pouvez déjà noter les dates dans vos agendas:

La Cellule d’Ibuka Rhône-Alpes, le 25 Janvier 2020

La Cellule d’Ibuka de Chalette, le 26 Janvier 2020

Ibuka France, le 8 Février 2020 

Vous recevrez prochainement les invitations et le rappel de cotisations pour celles et ceux qui ne se sont pas acquittés pour l’année 2019. 

Pour tout renseignement complémentaire: contact@ibuka-france.org

Justice: Procès de Fabien Neretse à Bruxelles

Le procès de Fabien Neretse a commencé jeudi 7 novembre 2019 devant la cour d’assises de Bruxelles, avec la lecture de l’acte d’accusation. Ce procès devrait durer une période de six semaines.

Qui est Fabien Neretse ? 

Fabien Neretse de nationalité rwandaise, âgé de 71 ans et vivant en France, est accusé de crime de génocide envers les tutsi du Rwanda et de crimes de guerre pour avoir commis, en tant que co-auteur, et tué un nombre indéterminé de personnes, dont treize ont été identifiées et dont certaines étaient d’origine tutsie. Les faits s’étaient produits au Rwanda en 1994, durant le génocide des Tutsis dans son voisinage du quartier Nyamirambo. Parmi les victimes figuraient une Belge, Claire Beckers, son mari, Isaïe Bucyana, et leur fille Katia.

L’accusé est aussi suspecté d’avoir commandité des meurtres dans le Nord-Ouest du Rwanda, entre mai et juillet 1994. Selon l’accusation, Fabien Neretsé, en tant que personnalité influente à Mataba, son village natal dans la préfecture de Ruhengeri, avait créé, entretenu et financé une milice d’Interahamwe qui avait commis de nombreux massacres.

Le site de la RTBF Belgique, détaille ce procès et les accusations reprochées à Fabien Nereste: https://www.rtbf.be/info/societe/detail_debut-ce-lundi-du-proces-de-fabien-neretse-accuse-de-crime-de-genocide-au-rwanda?id=10357136

Aussi, selon le site du CPCR, cet homme avait été « retrouvé à Angoulême en 2008 où il habitait sous un nom d’emprunt: celui de son père, Fabien NSABIMANA.  Le CPCR avait alors aussitôt déposé une plainte contre lui. A noter toutefois que Fabien NERETSE était visé par une plainte de la FIDH et de SURVIE depuis octobre 2000, mais cette plainte était restée sans suite dans la mesure où personne n’avait pu savoir où il se trouvait alors.

La justice française a décidé d’extrader Fabien NERETSE vers la Belgique où il était aussi poursuivi. C’est son procès qui commence cette semaine, madame Martine BECKERS étant la partie civile principale, sa soeur, son beau-frère et une de ses nièces ayant été tués à Kigali »

Résumé de l’audience du 8 novembre 2019 sur le site du CPCR 

Accusé de crime de génocide

Fabien Neretsé conteste toute implication dans ce crime. Il a notamment déclaré que certains des témoins qui l’accusent lui sont inconnus.

Le jeudi 19 décembre 2019, après 48 heures de délibération, le jury Cour d’assises de Bruxelles a rendu un jugement inédit. Fabien Neretse a été reconnu coupable d’avoir participé au génocide des Tutsi en 1994 et donc coupable de » crime de génocide, de crimes de guerre et homicides intentionnels à Kigali et à Mataba ».

Il est condamné à 25 ans de prison.

Un arrêt qualifié d’historique » par les parties civiles » et une première pour la justice belge qui n’avait jusque-là prononcé que des condamnations pour « crimes contre l’humanité » a dit le Président du CPCR.

Assemblée générale du Collectif Ibuka Europe du 2-3 novembre 2019

Ibuka France a réuni du 2 au 3 novembre 2019 au siège de Médecins du Monde à Paris les associations du Collectif Ibuka Europe qu’elle préside actuellement. Ce Collectif comprend : Ibuka Belgique, Italie, Hollande, Suisse et France.

Ibuka Rwanda et la future association Ibuka Allemagne étaient aussi invitées à cette rencontre annuelle. 

L’ordre du jour de cette rencontre :

  • Rapport d’activités 2019 , essentiellement sur les activités de la 25ème commémoration dans chaque section: les réalisations, les difficultés rencontrées et les leçons apprises
  • Un plan d’actions à court termes du Collectif 

En termes  de réalisations, toutes les sections ont organisé la 25ème commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda sous le thème commun « Mémoire et transmission » par des conférences, colloques, expositions et témoignages, rassemblements et marches du souvenir  dans les grandes villes.

Au Rwanda

Egide Nkuranga, Vice Président d’Ibuka Rwanda, a présenté l’associationIBUKA est une organisation de droit rwandais qui a été créée en 1995 et qui regroupe actuellement 15 associations membres. Elle a été reconnue par la loi en 2001.

La vision est d’être une société où la mémoire du génocide perpétré contre les Tutsis est préservée, où tous les rescapés du génocide sont socialement intégrés, économiquement actifs et vivant en pleine dignité. 

La mission est de se pencher sur tous les problèmes causés par le génocide, répondre au souci de coordonner toutes les activités relatives aux problèmes que connaissent les rescapés du génocide perpétré contre les Tutsis et représenter ces derniers vis-à-vis des tiers.

Les principales activités réalisées au cours de ces 9 dernières années (2010 -2019) sont notamment les suivantes :

1- Mémoire et documentation 

  • La participation active dans l’organisation et la coordination des activités de commémoration du génocide perpétré contre les Tutsis;
  • L’appui aux différentes activités de construction et réhabilitation des sites mémoriaux du génocide perpétré contre les Tutsis ;
  • La collaboration avec différents chercheurs qui travaillent sur des thèmes liés au génocide ;
  • La conception et la coordination des activités relatives au projet du Jardin de la Mémoire en collaboration avec des Institutions étatiques qui ont la mémoire dans leurs attributions;
  • En 2011, le projet pilote d’identification des justes dans 60 secteurs en raisons de 2 secteurs par District a été mené dont 271 justes ont été retenus ;
  • 250 témoignages de rescapes, des justes et autres ont été collectés; 
  • Une recherche a été menée en 2012 sur le niveau de compréhension des activités de commémoration par la population rwandaise ;
  • Identifications des familles complètement exterminées dans tous le pays en collaboration avec GAERG (une des Associations membres d’IBUKA). Cette identification montre que 15.593 familles dont 68.871 membres de familles (papa, maman et les enfants) ont tous perdu leurs vies pendant le génocide perpétré contre les Tutsi. 
  • L’assistance juridique et judiciaire aux survivants du génocide ;
  • Plus de 100.000 corps récemment trouvés ont été inhumés en dignité .

2- Justice

  • La participation active au processus d’élaboration de différentes lois en rapport avec le génocide perpétré contre les Tutsi
  • La participation active dans le processus d’exécution des jugements des juridictions Gacaca concernant des biens des familles Tutsi qui ont été endommagés pendant le génocide perpétré contre les Tutsi :  
    • De 2002 – 2012, les juridictions Gacaca ont jugé 1.320.554 cas des biens endommagés ;
    • Le 31/03/2019, le rapport du MINIJUST montre que 1.171.345 de cas ont été exécutés ;
    • 149.209 de cas restent suite aux différentes raisons entre autres la pauvreté, l’absence des personnes concernées et autres raisons ;
    • Suivi et plaidoyer plus de 1.200 des jeunes survivants du génocide dont leurs biens ont été pris par d’autres personnes après le génocide. Seulement 85 restent encours de jugement par les tribunaux habilités;
    • Donner des conseils juridiques aux rescapes du génocide, etc
  • Rapporter et faire le suivi des cas d’idéologie génocidaires qui se manifestent chaque année. Par exemple en 2018, IBUKA a rapporté 141 cas et 149 cette année de 2019.

3- Affaires sociales

  • La réhabilitation psychologique aux différents rescapés du génocide traumatisés en particulier et à la communauté en général. Malgré peu de moyens disponibles, en collaboration avec les associations membres, IBUKA coordonne les activités d’interventions de plus de 2500 animateurs psycho sociaux qui sont bases au niveau des  secteurs surtout pendant la période de la commémoration. Grace à ces APS, chaque année, IBUKA produit le rapport sur les cas de traumatismes qui se sont présentés. L’exemple de ces deux dernières années est comme suit :
    • 2104 de cas en 2018
    • 2518 de cas en 2019 
  • 90 groupes thérapeutiques ont été formés et accompagnés en 2015 ;
  • La Plaidoyer sur le problème de la santé mentale d’où une recherche a été menée par le Ministère de la sante et on a trouvé que 35,2% des survivants du génocide souffrent du traumatisme ; 
  • La gestion de conflits communautaires et la médiation.
  • Suivi de près la scolarisation des rescapés du génocide.
  • Identification de 1560 veuves/veufs du génocide qui ont perdu tous leurs membres de familles qui ont vraiment besoin une aide d’urgence. Cette identification a été faite en collaboration avec AVEGA et des institutions gouvernementales habilitées. Suite a la plaidoirie, 4 centres d’accueils pour ces dits veuves ont été construites a savoir : BUGESERA, HUYE, NYANZA et RUSIZI ;
  • Plus de 120 maisons ont été construites et réhabilitées en faveur des rescapes du génocide ;
  • 750 familles ont reçu les appareils des énergies solaires ;
  •  Le plaidoyer auprès des instances habilitées pour que les conditions de vie des rescapés du génocide soient améliorées
  • Consultation et traitement de l’hépatite B dans les provinces du Sud et Est : 67.000 déjà traites.  

 4- Renforcement institutionnel de l’organisation

  • Renforcement des comités d’IBUKA au niveau local ;
  • Représentation d’IBUKA dans des réunions stratégiques de haut niveau ;
  • IBUKA et YAHAD IN UNUM à Paris: protocole d’accord signé il y a 3 trois ans
  • IBUKA et le District de Kicukiro, collaboration signée pour gérer le site mémorial de Nyanza- Kicukiro
  • IBUKA et Mémorial de la Shoah à Paris : MoU signé en Juin 2019. 
  • IBUKA et MTEK Sciences ; 
  • Et autres.

Ces activités ont eu un impact positif sur la vie des rescapés du génocide et la communauté en général mais le chemin est encore long. Plus particulièrement, les besoins des rescapés du génocide dépassent largement les moyens dont dispose le collectif IBUKA.

Il y a des problèmes qui persistent, des nouveaux qui apparaissent et des besoins non encore satisfaits.

Les principaux sont les suivants :

  • L’idéologie génocidaire manifeste et entretenue par certaines personnes ou institutions;
  • Le problème de logements ;
  • Peu d’accès aux soins de santé, surtout les soins spécialisés qui se traitent en dehors du pays.
  • Traumatisme psychologique ;
  • Manque d’encadrement des jeunes, combiné avec la vulnérabilité ;
  • Des rescapés du génocide très nécessiteux ayant besoin d’une assistance ;
  • La justice formelle en faveur des rescapés du génocide
  • Chômage pour ceux qui ont eu la chance d’étudier et cela combiné avec la vulnérabilité.
  • Renforcement des capacités de IBUKA Rwanda et associations membres. 

En guise de conclusion, on remarque que l’analyse de l’environnement interne et externe d’IBUKA montre qu’IBUKA a du potentiel sur lequel il doit s’appuyer, des opportunités à saisir, et doit corriger certaines faiblesses et atténuer les menaces décrits ci-dessus afin qu’il puisse remplir sa mission et pour cela, il incombe la conjugaison de nos efforts et surtout une vibrante collaboration avec les sections IBUKA ou qu’elles soient. Rappelons – nous que nos problèmes sont les mêmes. 

A l’issue de l’assemblée générale, les participants ont fait un plan d’actions pour le Collectif 

  1. Clarifier rapidement la situation administrative d’Ibuka Europe. C’est une responsabilité d’Ibuka Belgique. Elle le fera avec l’appui du Président d’Ibuka Europe
  2. Renforcer ou entreprendre là où la pratique n’existe pas encore, les rencontres de rescapés. Dans cette perspective, il a été particulièrement souligné qu’il est important d’identifier les rescapés les plus vulnérables, ceux qui ont davantage besoin de ces rencontres mais qui n’en bénéficient pas, soit parce qu’ils ne sont pas au courant, soit parce qu’ils n’ont pas, matériellement les moyens de s’y rendre. 
  3. Une 3ème ligne d’action est née du bilan d’Ibuka Rwanda présenté par Egide Nkuranga: il est recommandé à chaque section de faire tout ce qu’elle peut afin de trouver des partenaires ou des volontaires pour Ibuka Rwanda dans le domaine de la santé ou de la mémoire.

Cependant, deux remarques

  1. Ces actions sont à la charge des sections. Un bilan sera fait dans un an à la prochaine assemblée générale. 
  2. Chaque section va les développer en fonction de sa situation propre. Certaines sont plus aptes à mobiliser les partenaires qu’à organiser des rencontres de rescapés

Adieu à Alphonse Rusake

Né le 3 avril 1977 à Kigali, Alphonse Rusake nous a quittés le 14 septembre 2019 à Paris. La cérémonie d’Adieu a été organisée aux PFI (Pompes Funèbres Intercommunales) à Grenoble, sa ville de résidence où ses enfants et leur maman vivent.  Une centaine des personnes essentiellement de la Diaspora rwandaise (de Grenoble et les environs, de Lyon, de Paris, de Suisse, et d’ailleurs étaient venues soutenir la famille proche, la sœur, les enfants et leur maman et accompagner Alphonse. Des mots d’Adieu ont été lus dans une atmosphère émouvante comme la lecture d’un poème de sa fille Malia de 12 ans (le 19 octobre !), le témoignage de Dorothée sa sœur venue du Rwanda et rescapée du génocide des Tutsi. Pour elle, Alphonse était, non seulement son petit-frère, mais son TOUT : ami, confident, soutien de tous les jours. Par ses relations, il a su créer une grande famille en France qui est « Vous tous présents ici » qu’il lui a laissée comme un héritage. Ensuite, la lecture mot du Président d’Ibuka France, Marcel Kabanda, partagé ci-dessous : 

« Cher Alphonse, c’est d’abord à toi que je veux m’adresser. Je commençais à faire ta connaissance et tu fais un pas de côté. Tu prends un autre chemin. Tu vas vers un pays que nous ne connaissons pas mais qui est habité par des femmes et des hommes dont nous connaissons parfaitement les visages, des êtres qui nous sont chers, dont tes propres sœurs, tes frères, et tes parents. Dans ce voyage, je te confie à eux et à Dieu. Mais tu avais encore des choses à nous dire car tu parlais peu, évitant de trop de te mêler à nos discussions, d’ajouter des idées à d’autre idées, mais pressé d’y ajouter de l’action pour que tout se passe bien et que les choses avancent. Ce n’est pas qu’il manquait d’idées ou de courage de les dire. Ceux qui étaient avec toi dans une Assemblée générale d’Ibuka France tenue il y a quelques années à Niort se souviennent d’un homme avec de fortes positions, capable de les exprimer clairement et sans crainte. Mais je ne devrais pas me plaindre, je suis en tout cas, ni le seul, ni le premier. Je pense à tes enfants, tes deux adorables filles. L’aîné fête ses douze ans dans une semaine. Son papa va lui manquer. Pour ces enfants, je vais demander à Ibuka France, ne pas remplacer le père, car ça ne se fait pas, mais de les accompagner de très près dans leur travail de deuil, de mémoire et de construction personnelle. J’ai aussi une pensée forte pour ta sœur, Dorothée. Elle a fait preuve d’une admirable dignité, mais d’elle, de nouveau quelque chose se détache, une partie de sa chair s’arrache, élargissant la blessure jamais refermée du génocide des Tutsi.

Alphonse était membre et fils d’Ibuka France. En retour, à toute sa famille, j’exprime au nom de tous, notre sympathie. Qu’elle soit assurée de notre compassion et de notre soutien dans l’épreuve qu’elle traverse. Oui Alphonse est fils d’Ibuka France car il est un rescapé du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 au Rwanda. Il a croisé la mort. Il a gardé de cette rencontre des blessures au cœur et au corps, invisibles et visibles, qui ne laissent aucun doute sur la détermination de ses assassins et l’intensité du choc. Mais le plus étrange, ce qui forge davantage notre respect, c’est que le survivant des coups de machettes n’a pas succombé à la haine qui animait le bras des meurtriers. Alphonse était, tout le monde est d’accord sur ce point, un modèle d’ouverture, une incarnation de l’esprit de liberté. Merci Rusake pour cet héritage ! Je l’appelle ici par son nom dans l’espoir de racheter une dette : dans mes contacts téléphoniques, je l’appelais UBR ! La faute avouée est à moitié pardonnée, dit-on » ! Marcel Kabanda 

Un mot d’Adieu de la part de Ildephonse Ngaruye, présent à la cérémonie, nommé Tonton par la jeune génération mais, pour Alphonse, il était son Grand Frère de substitution car son grand frère Ildephonse, ainé de la famille, a été tué pendant le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994. Pour terminer, avec beaucoup d’émotions, Ildephonse a terminé par « Pars, petit-frère, pour rejoindre ton grand-frère au ciel et Imana ikwakire neza mu Bayo ». Également le mot d’Adieu de Louis Bagilishya dont le contenu est reproduit ci-après :

« Mon Cher Alphonse,
Je garde de toi ton énergie communicative, ta générosité, ton amour du Rwanda, ton humour, ta dignité.  Nakubonyemo Imfura !
Hier matin, avec Pierrot Rugina, le président de la Communauté rwandaise de France, j’ai eu l’honneur de te porter jusqu’à la voiture qui te mena de Paris à Grenoble.  J’ai la douleur de l’aîné qui voit partir un jeune frère.
Oui, tu es très aimé par toutes celles et tous ceux qui t’ont connu mon Cher Alphonse. 
Je renouvelle mes condoléances à ta soeur Dorothée et à toute ta famille.
J’exprime mon affection à tes filles dont tu es si fier ; et tu as bien raison !
Je t’embrasse »   Louis Bagilishya 

Après l’inhumation au cimetière Grand Sablon, tous les amis se sont retrouvés autour la famille éprouvée pour une cérémonie de « Gukaraba ». Autour d’un verre d’amitié, et un micro, l’appel des messages d’amitiés à l’égard de Rusake a été lancé :  tour à tour, comment chacun l’a connu, ce qu’il a fait dans sa vie, ses projets, ses envies, etc

Vient de paraître: Les lignes de nos mains, nouveau livre de Diogène Nshunguyinka

Parmi les livres des auteurs rwandais, qui viennent de paraître, en cet été 2019, il y a celui de Diogène Nshunguyinka qui, après avoir témoigné dans un premier ouvrage « Derrière les barreaux de ma mémoire » paru en 2011, est de retour avec un second récit, intitulé « Les lignes de nos mains ». Comme à la parution du premier livre, le journal rwandais « Igihe », par le biais de son journaliste Aimable Karirima, basé en Belgique, s´en est fait l’écho. Et c’est en ces termes: 

Avec une écriture très personnelle, remarquable de singularité et de simplicité, l’auteur nous invite dans son enfance au sein d´une famille unie par des valeurs fortes, redonnant une vie à celles et ceux d´entre les siens qui la perdirent dramatiquement, durant le génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda, en 1994. 

Dans le décor et les atmosphères du pays des mille collines, il nous fait traverser cette enfance insouciante, nous entraînant jusqu’aux abysses d’une humanité basculée dans l’horreur absolue.

Le titre l’annonce, Les Lignes de nos mains, ça nous parle du sort qui frappe, emportant les uns, laissant les autres avec cette question sans réponse : Pourquoi eux ? Et pas moi ?  Le livre est d’ores et déjà disponible, dans la version papier et numérique, sur plusieurs sites internet, notamment sur celui des Éditions Harmattan, qui est son éditeur, et qui permet aux lecteurs de lire, en ligne, les vingt premières pages : ICI

Pour en savoir plus, visitez la page face book de l’auteur Diogène Nshunguyinka : ICI


Hommage à Sharon Courtoux décédée le 26 juillet 2019

Ibuka France a la profonde douleur d’annoncer à ses membres et à ses amis que notre grande amie, Sharon Courtoux, nous a été enlevée ce matin.  Après une journée de grande chaleur, le temps commençait à se rafraichir. C’est tout en douceur qu’elle s’est éteinte. A sa famille, nous adressons nos condoléances les plus attristées et lui assurons de notre sympathie.

Les plus jeunes d’entre nous ne connaissent pas Sharon. Les moins jeunes l’ont vue et entendue à l’ouverture des cérémonies du souvenir le 7 avril dans les locaux de Médecins du Monde, jusqu’au jour où elle a été contrainte à l’immobilité. Ils ont lu ses chroniques publiées dans un Bulletin d’information de l’Association Survie, Billet d’Afrique. Passionnée pour l’Afrique et très préoccupée des relations franco-africaines qu’elle voulait saines et justes, Sharon Courtoux a été horrifiée de constater que Paris avait entretenu des relations avec un gouvernement qui à Kigali, pratiquait le racisme en préparant un génocide. Aux côtés de feu François Xavier Verschave, elle a été la cheville ouvrière de l’enquête citoyenne conduite en 2004 et dont le résultat a été publié dans un rapport publié par les Editions Karthala sous un titre sans ambiguïté sur la hauteur de l’indignation : L’horreur qui nous prend au visage. Celles et ceux qui ont côtoyé Sharon pourront en témoigner : elle a consacré les 20 dernières années de sa vie active en solidarité et en communion avec les rescapés du génocide des Tutsi, au point de ne pas pouvoir aller en vacances !

Nous pleurons une disparition. Mais en même temps, nous rendons hommage à une grande figure de l’humanisme et de l’engagement pour la vérité, la justice et la dignité des plus fragiles. Heureux sont les proches et la famille qui ont accompagné une personnalité aussi exceptionnelle. Aux condoléances que nous leur adressons, nous joignons une profonde gratitude.

Délégations pour la mémoire des victimes du génocide des Tutsi à Kigali

Les délégations de la Mairie de Paris et du Mémorial de la Shoah accompagnées par Ibuka France se sont rendues au Rwanda du 2 au 5 juin 2019 . Ibuka France a été l’interface entre ces deux délégations d’une part, et le Rwanda d’autre part. 

Ibuka France avait pris les contacts nécessaires avec la CNLG (Commission Nationale de Lutte contre le Génocide), le Mémorial de Gisozi, Ibuka Rwanda et le Mémorial de Ntarama pour préparer et organiser les rencontres et les visites. 

La Mairie de Paris et le Mémorial de la Shoah avaient deux objectifs spécifiques distincts dans leur matérialité mais parfaitement bien articulés sur le fond. Le déplacement de la Maire de Paris à Kigali était justifié par la décision de Mme Anne Hidalgo, d’organiser dans la capitale rwandaise la réunion du bureau des Maires francophones en préparation de l’assemblée générale que cette institution tiendra à Phnom Penh au Cambodge en décembre prochain. 

Le but du voyage du Mémorial de la Shoah était de signer des accords de coopération en matière d’archivage et d’échange d’archives avec la CNLG, Ibuka Rwanda et une association présidée par une rescapée que nous connaissons bien, Emilienne Mukansoro. Un point de convergence reliait les deux objectifs : la mémoire.

Un thème figurait à l’ordre du jour de la réunion du Bureau de l’AIMF (Association Internationale des Maires Francophones) : Mémoire et résilience. Il a été discuté en fin de matinée le lundi 3 juin. Ibuka France a été invité à animer les échanges. Concrètement, le Président d’Ibuka France a ouvert la session par le partage de son expérience en France. En particulier, il a témoigné devant les Maires, de sa collaboration avec la Mairie de Paris pour la promotion de la mémoire du génocide des Tutsi du Rwanda. Il a conclu en demandant aux élus de promouvoir un nouvel humanisme fait du respect de la dignité humaine, du devoir de compassion.

Jeanne Allaire, membre du Conseil d’Administration d’Ibuka France et rescapée a pris la parole au nom de tous les rescapés, pour remercier la Maire de Paris d’avoir pris en compte leur demande de considération. Parmi les participants, il y a la présence des Maires de Paris, de Kigali, Ouagadougou, Dakar, Nouakchott… Tous ont soutenu l’idée que la protection de l’humanité était au fondement de l’appel à protéger la planète. Ce débat sera repris à l’assemblée générale de décembre à Phnom Penh, avec l’intention de créer au sein de cette association un réseau sur la mémoire.

Dans l’après midi du 3 juin, la délégation des Maires a croisé celle du Mémorial de la Shoah à Gisozi pour rendre hommage aux victimes du génocide des Tutsi. Ensemble, ils ont procédé à la cérémonie de dépôt de gerbe de fleurs.  Puis, après la visite du Musée, le Directeur du Mémorial de la Shoah et le Secrétaire exécutif de la CNLG ont procédé, dans une salle du Mémorial de Gisozi et devant les deux Maires de Paris et de Kigali, à la signature de leur convention sur la communication des archives. 

Dans la matinée du mardi 4 juin, les deux délégations se sont de nouveau retrouvées à Nyanza. A la demande d’Ibuka France et en accord avec Ibuka Rwanda, la visite de ce site a été marquée par le témoignage de Mme Spéciose Kanyabugoyi. Rescapée de l’ETO, Mme Kanyabugoyi était la mieux placée pour dire l’importance du site de Nyanza, lieu emblématique de l’intolérable laisser faire de l’ONU en 1994 ! De sa voix douce et pleine d’émotion, assise sur une chaise posée dans une allée entre les tombes, devant un auditoire en demi – cercle, elle a raconté l’histoire de l’espoir assassiné, le passage de la foi à la désillusion, de la protection à l’abandon, du basculement d’un monde d’ordre sécurisé par les soldats de l’ONU au chaos régi par des bandes de tueurs sadiques et sans pitié, armées par un Etat devenu criminel.

Après ce témoignage, toutes les délégations se sont rendues dans la grande salle d’Ibuka Rwanda pour la signature de la convention entre Jaques Fredj (pour le Mémorial de la Shoah) et Jean Pierre Dusingizemungu (pour Ibuka Rwanda). Dans cette séquence, Ibuka France est sortie du décor pour occuper une place un peu plus au centre. 

Enfin, dans son discours, un très bon discours, le président d’Ibuka Rwanda a souligné le rôle d’Ibuka France dans la mobilisation d’acteurs français dans le travail de la mémoire. A travers ce discours, le Président Ibuka Rwanda a révélé un grand plan pour le site de Nyanza. Ce site héberge aujourd’hui 96 000 corps. Il a accueilli les 84 000 corps venus récemment de Kabuga. Il illustre parfaitement bien la faillite de la Communauté internationale. Il est sur la route qui bientôt reliera l’aéroport international du Bugesera et la ville de Kigali.  Il n’est pas impossible que dans un proche avenir, Nyanza supplante Gisozi !

A l’issue de la visite de Nyanza, Mme Anne Hidalgo et Mr Jacques Fredj ont été invités à planter chacun un arbre, umunyinya, arbre symbole du dialogue dans le Jardin de la mémoire, une version enrichie et nettement améliorée du projet de Bruce Clarke ! Umunyinya est le second arbre des trois espèces qui seront plantées dans ce jardin. Le premier a été planté par la First Lady. 

De Nyanza, toutes les délégations sont allées directement à Ntarama (Nyamata). Jean Damascène nous avait rejoints à Nyanza. Il a présidé la visite de Ntarama. Un guide a fait l’historique du Bugesera et de Ntarama. Puis les visiteurs ont parcouru l’église, la sacristie, la cuisine et l’école du dimanche, ainsi que le caveau où sont aujourd’hui superposés les cercueils dans lesquels sont déposés les corps jadis entremêlés sur les bancs de l’église. Le visage de tous affichait un total ébranlement. Ce n’était pas une visite de trop ! Il fallait qu’ils sortent, ne serait-ce qu’un petit peu, de la ville de Kigali.

Une autre bonne nouvelle : le Maire de Strasbourg faisait partie du voyage. Dès notre rencontre à la descente de l’avion à Kigali, il a découvert qu’il y a des rescapés sur son territoire. A l’occasion de la session sur Mémoire et résilience, il a compris que d’autres Maires avaient déjà créé de lieux de mémoire. Avant la fin de sa seconde journée au Rwanda, il a promis de faire quelque chose à Strasbourg.

Enfin, les différentes délégations ont ramené de leur voyage une impression positive du pays, à cause des réalisations qu’ils ont vues et de la chaleur de l’accueil qui leur a été réservé.

Pour aller plus loin sur ce voyage, quelques médias en ont parlé:

  • En ce qui concerne la Mairie de Paris : 

Sur le compte Tweet de la Maire de Paris https://twitter.com/Anne_Hidalgo et la Maire de @CityofKigali du 5 juin 2019 :

« Nous avons signé un accord de coopération pour que nos deux capitales apprennent l’une de l’autre, sur des sujets comme la participation citoyenne, les nouvelles technologies, la protection de l’environnement et bien entendu la mémoire».

  • Selon le  journal ActuDaily, toute l’actualité de l’Afrique, Le Mémorial s’est engagé sur trois volets: dans la poursuite des criminels, la lutte contre le négationnisme et dans la recherche sur le génocide des Tutsi.

 

Rencontre d’Ibuka France et le Président de la République

Le 5 avril 2019, Ibuka France a rencontré le Président la République et lui a soumis un certain nombre d’axes d’actions qui lui paraissaient essentiels.

  • Pacifier les esprits : depuis 25 ans, l’évocation du génocide des Tutsi soulève la question de la nature de l’action de la France au Rwanda entre 1990 et 1994. A cette question, les différents gouvernements n’ont pas réussi à donner une réponse claire et complète. La tentative de clarification initiée par la Mission Quilès en 1998 a fait long feu. Le couvercle a été vite refermé. Le rapport de la Mission est aujourd’hui quasiment oublié. Le résultat est un malaise alimenté par de successives révélations et entretenu par le refus d’ouvrir les archives aux chercheurs. Dans ces conditions, la mémoire du génocide des Tutsi apparaît en France comme un objet qui divise et qu’on ne peut, sans le préalable d’un examen transparent de la politique qui a été conduite pendant ces années au Rwanda, faire entrer « dans notre mémoire collective ». Pour cela, une totale et complète déclassification de toutes les archives est indispensable.
  • La mémoire a besoin d’un espace d’incarnation, un lieu, une maison de la mémoire, un endroit où on peut trouver des traces matérielles, rencontrer des personnes qui en sont dépositaires ou gardiens. Ibuka France, l’acteur principal de la mémoire du génocide n’a d’autre adresse que la boîte aux lettres de la Maison des Associations de la Mairie du 2è arrondissement de Paris. En complément des 7 plaques et stèles érigées sur nombre de territoires des collectivités locales, il manque, pour donner au génocide perpétré contre les Tutsi une place dans la mémoire collective, un monument à l’échelle nationale, un centre de documentation, une date officielle de commémoration.
  • L’inscription d’un fait de l’histoire dans la mémoire collective implique la transmission. Mais s’il est vrai que celle-ci est une fonction de l’école, elle ne peut se faire sans le concours des témoins. Le nombre de sollicitations que nous recevons de la part des collèges et des lycées est bien la preuve de l’intérêt que les équipes pédagogiques attachent au témoignage lorsqu’elles envisagent l’éducation à la citoyenneté et au vivre ensemble. Les rescapés du génocide des Tutsi qui vivent en France sont-ils en état de rendre ce service à la société ? Ils-elles portent des cicatrices visibles et invisibles peu ou mal soignées. Ils n’ont pas un endroit où ils-elles peuvent venir se reposer, dialoguer, déposer leur parole. Ils-elles ont besoin d’un soutien que notre association ne peut leur offrir faute de moyens.
  • La justice : nombre de personnes rwandaises sur lesquelles pèsent des soupçons de complicité dans le génocide des Tutsi ont trouvé refuge en France. Le premier jugement est intervenu en 2014. A ce jour, deux procès impliquant trois personnes ont été tenus. L’accueil sans examen de ces personnes, le retard et la lenteur de la justice interrogent sur l’attention que nos institutions portent à ce qui s’est passé au Rwanda entre avril et juillet 1994. Un génocide n’est pas un vol à l’étalage. C’est un crime contre l’humanité. On ne peut inscrire dans la mémoire nationale ce qu’on méprise dans la pratique. Nous appelons à des mesures indispensables pour accélérer les procédures judiciaires.
  • Enfin, le langage. Les mots sont importants. Or, nous entendons souvent parler du génocide rwandais, d’un génocide au Rwanda. Qui a peur de nommer la victime ? Par ailleurs entendons ou lisons que le gouvernement de Habyarimana était majoritaire et démocratique. L’argument sonne comme un aveu. Il révèle un aveuglement face à la politique raciste d’un homme qui prétendait incarner le pouvoir hutu issu de la révolution sociale et qui pratiquait officiellement la discrimination des Tutsi dans tous les domaines de la vie nationale. La bonne conscience frôle les limites de l’intolérable lorsque certains déclarent sans sourciller qu’ils le referaient si c’était à refaire. Il n’y aura pas de parole claire et forte sur le génocide des Tutsi s’il n’y a pas reconnaissance de sa dimension raciale. A l’occasion de la 25èmecommémoration, nous attendons du Président de la République qu’il prononce une parole qui sorte du flou jusqu’ici entretenu au sommet de l’Etat sur le génocide perpétré contre les Tutsi.La mise à distance et le louvoiement par les autres, l’affichage de la bonne conscience par d’autres d’avoir soutenu un régime raciste, sont une porte ouverte à la a banalisation et le déni. C’est le doute et non le génocide des Tutsi qu’ils inscrivent dans la mémoire collective.

A l’issue de cette rencontre, l’Élysée a fait deux communiqués diffusés sur son site:

celui du 5 avril : https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/04/05/25e-commemoration-du-genocide-contre-les-tutsi-au-rwanda 

celui du 7 avril: https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/04/07/une-journee-de-commemoration-du-genocide-des-tutsi

Le 13 Mai 2019, un décret consacre désormais en France la date annuelle du 7 avril comme une date officielle de la commémoration du génocide des Tutsi .

Invitation à la 25ème commémoration à Cluny le 18 Mai 2019

Dans le cadre de la célébration de la vingt-cinquième commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda, l’Association Ibuka France a le plaisir de vous inviter à participer à la cérémonie qu’elle organise avec la Mairie de Cluny (Saône et Loire), à Cluny le 18 mai 2019 de 14h à 23h en hommage aux victimes.

La ville de Cluny a été la première collectivité française à rendre hommage aux victimes du génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda en érigeant, le 9 avril 2011, une stèle en leur mémoire sur son territoire.

Nous souhaitons donner à cette cérémonie le cachet de l’apaisement des mémoires pour la plus grande dignité des victimes et pour donner l’espérance aux générations du futur.

Le génocide des Tutsi est une tragédie de l’histoire universelle. La commémoration est aussi un moment pour proclamer solennellement la dignité de la personne humaine et dire non au mépris et à la haine de l’être humain.

Nous comptons sur votre présence pour que notre voix soit plus forte.

Vous trouverez  ci-joint le programme de la journée

Pour organiser la logistique, prière de vous s’inscrire à contact@ibuka-france.org

La date limite d’inscription est fixée au 11 mai 2019 à 12h00