GÉNOCIDE DES TUTSI

RWANDA POSTE GÉNOCIDE

De 1994 à 2010

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda est constitué par l’ONU fin 1994.

Pasteur Bizimungu démissionne en 2000.

Paul Kagame est élu président de la République par l’Assemblée nationale.

Le Rwanda doit faire face à un besoin de justice qui engorge les tribunaux et amène à la réhabilitation de la justice traditionnelle.

En 2002, l’ancien président de la République, Pasteur Bizimungu, est arrêté et mis en prison.

2003 (26 mai) : la constitution est adoptée par référendum.

2003 (25 août) : L’élection présidentielle se déroule au suffrage universel et Paul Kagame est élu président de la République. 2003 (2 octobre) : Au cours des élections législatives au suffrage universel, les députés favorables à Paul Kagame obtiennent la majorité des sièges. 49% des députés sont des femmes, ainsi qu’une très forte proportion de sénateurs et de ministres, ce qui fait du Rwanda le pays dont la participation des femmes au pouvoir politique est la plus forte au monde.

Puis le Rwanda développe une politique extérieure audacieuse Il envoie des casques bleus rwandais au Darfour. Un Rwandais occupe des responsabilités au sein de l’Union africaine. En République démocratique du Congo, le problème des FDLR est pris au sérieux par la Communauté internationale. Le ministre de l’économie du Rwanda devient Président de la Banque africaine de développement en 2005. Le Rwanda fait partie des pays qui bénéficient d’une importante remise de dette en juillet 2005 par le G8. Le Rwanda bénéficie incontestablement d’un courant favorable au sein de la diplomatie internationale qui est sans doute dû à la pugnacité diplomatique convaincante de ses dirigeants.

Les Gacaca entrent dans leur phase opérationnelle en janvier 2005. Petit à petit, des Rwandais se rendent compte qu’ils doivent craindre cette justice populaire réorganisée et six mille d’entre eux s’enfuient au Burundi d’où ils sont renvoyés au Rwanda, en ayant vainement tenté d’apitoyer la communauté internationale et les ONG sur leur sort.

Fin novembre 2006, le juge français anti-terroriste Jean-Louis Bruguière lance des mandats d’arrêt internationaux contre 9 proches du président Kagamé qu’il soupçonne d’être impliqué dans la destruction de l’avion présidentiel en 1994. Ce juge étant chargé du dossier concernant la mort de l’équipage français qui pilotait l’appareil. En riposte, le gouvernement rwandais rompt ses relations diplomatiques avec la France, expulse Dominique Decherf l’ambassadeur de France à Kigali, ainsi que l’ensemble du personnel diplomatique et 25 000 personnes manifestent contre le gouvernement français dans la capitale africaine.

Le 6 avril 2007 l’ancien président de la République Pasteur Bizimungu est gracié par Paul Kagame et sort de prison. Le 8 juin 2007, l’Assemblée Nationale du Rwanda abolit la peine de mort, pour tout type de condamnés. Cette mesure est entrée en vigueur le 25 juillet 2007, et aura pour effet direct de voir 600 condamnés à mort voir leur sentence transformée en prison à vie. L’abolition de la peine de mort était l’une des exigences de la communauté internationale pour que les procédures judiciaires à l’encontre des génocidaires dont le dossier est traité par le TPIR soient transférées à la juridiction nationale rwandaise en prévision de la dissolution du tribunal international pour le Rwanda en 2008

Le 29 novembre 2009, suite à une rencontre à Kigali entre le secrétaire général de la présidence française, Claude Guéant, et le président de la République rwandaise, Paul Kagamé, les deux pays décident de renouer les relations diplomatiques rompues depuis trois ans. Cet évènement fait suite à une amélioration progressive de la situation, avec une accélération depuis la mi-novembre 2009, lorsque deux juges français s’étaient rendus au Rwanda pour enquêter sur le cas de présumés responsables du génocide réfugiés en France (il s’agit notamment des cas de Wenceslas Munyeshyaka et de Laurent Bucyibaruta, mais aussi du cas de la veuve de l’ancien président, Agathe Habyarimana).

Ce renouement des relations entre la France et le Rwanda intervient quelques heures seulement après l’accession du Rwanda au sein du Commonwealth, alors que, depuis la tutelle belge, le Rwanda appartenait aux nations francophones.

En aout 2010, Paul Kagame est réélu président.

Reconnaissance, excuses et rapports …

Le génocide des Tutsi au Rwanda commis par les Hutu extrémistes du régime Habyarimana a été reconnu par l’ONU, dans le rapport de sa Commission des Droits de l’Homme le 28 juin 1994, puis lors de la création du Tribunal pénal international pour le Rwanda (Résolution 955), adoptée par le Conseil de sécurité le 8 novembre 1994. Cette résolution confirme la résolution 935 de la même année).

25 Mars, 1998

A Kigali au Rwanda le Président Clinton présente des excuses aux victimes du génocide.

« … la communauté internationale ensemble avec les nations africaines doivent accepter de partager la responsabilité de cette tragédie aussi. Nous n’avons pas agi assez rapidement quand les massacres ont commencé. Nous n’aurions pas permis que des camps de réfugiés deviennent pour les tueurs un bercail de sécurité. Nous n’avons pas désigné immédiatement ces crimes de façon approprié : ‘un génocide’. Nous ne pouvons pas changer le passé. Mais nous pouvons et nous devons faire ce qui est à notre pouvoir:vous aider à bâtir un avenir sans peur et plein d’espoir … » May 7, 1998

A Kigali au Rwanda le Secrétaire Général Kofi Anan présente ses excuses au parlement du Rwanda.

« … Le monde doit se repentir profondément de cet échec. La tragédie du Rwanda a été une tragédie du monde entier. Nous tous devrions pendre soin du Rwanda, nous tous avons été témoins de sa souffrance avec un souhait fervent que nous aurions pu prévenir le génocide. Quand nous jetons un regard en arrière, nous voyons des signes qui, à ce moment n’ont pas été saisis. Maintenant nous le savons, ce que nous avons fait n’a pas été du tout assez pour sauver le Rwanda, pas assez pour honorer les idéaux sur lesquels les Nations Unies sont fondées. Nous ne nierons pas cela, au moment fort du besoin, le monde a échoué vis-à-vis du peuple rwandais… »

Décembre 1998

La mission parlementaire française clôture une enquête de neuf mois sur l’implication militaire de la France au Rwanda avant et pendant le génocide. La commission en arrive à la conclusion selon laquelle la plupart des reproches formulés à son endroit sont mensongères, avec la communauté internationale et en particulier des Nations Unies et des Etats-Unis d’Amérique. Même si la France admet avoir commis des « erreurs de jugement » le gouvernement est blanchi de la responsabilité des massacres.

Mars 1999

Une semaine avant la cinquième commémoration du génocide, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme basée à Paris et la Ligue des Droits de l’Homme basée aux Etats-Unis ainsi que Human Rights Watch publient un rapport intitulé : « Aucun témoin ne doit survivre » (Leave None to Tell the Story).Un document de 900 pages qui rapporte des événements d’avant et pendant le génocide. Ce rapport est très critique à l’endroit de l’O.N.U, les Etats-Unis, la France et la Belgique car ils connaissaient à l’avance les préparatifs en cours des massacres et n’ont pas agi pour les prévenir.

Arusha, 21 juin 2006

La chambre d’appel du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a reconnu que le génocide rwandais qui a fait selon l’ONU 800.000 morts en 1994 n’avait pas besoin d’être prouvé devant ses juges.

Kigali, février 2010

Le président Nicolas Sarkozy déclare que la France avait fait des « erreurs » lors du génocide au Rwanda en 1994, et annonce sa volonté de bâtir « une coopération économique, politique, culturelle » entre les deux pays. « Ce qui s’est passé ici est inacceptable, et ce qui s’est passé ici oblige la communauté internationale, dont la France, à réfléchir à ces erreurs qui l’ont empêchée de prévenir et d’arrêter ce crime épouvantable », a déclaré M. Sarkozy lors d’une conférence de presse conjointe avec le président rwandais Paul Kagame à Kigali. Le président français a notamment évoqué de « graves erreurs d’appréciation », une « forme d’aveuglement » et des « erreurs dans une opération Turquoise engagée trop tardivement » par Paris lors du génocide.