En 1994, l’assassinat du président hutu Habyarimana va donner prétexte au massacre de près d’un million de Tutsi en quelque cent jours. Si les témoignages des survivants du génocide sont évidemment insoutenables, Anne Lainé s’attache surtout à montrer l’extraordinaire travail thérapeutique d’analyse et de mémoire, entrepris depuis par des médecins et des collectifs rwandais, pour tenter de réduire les traumatismes de « l’abominable ».

Montagnes bleues, lumière irisée, terre rouge, bois vert émeraude… qui peut imaginer les atrocités vécues dans ces lieux-là ? Les commentaires lucides du psychiatre Naasson Munyandamutsa étayent le propos du film. Des lieux de massacres aux mémoriaux du souvenir, des cérémonies funéraires aux consultations psychologiques, du silence respectueux des thérapeutes aux récits effroyables de trois survivantes, c’est un travail de deuil et de réanimation qui s’élabore sous nos yeux. À l’hôpital de Ndera, Gérard Bizimana a ouvert une unité spéciale pour les femmes rescapées et à l’association Avéga, Jeanne Mukamusoni, qui connaît bien les traumatismes des corps et des esprits, favorise les prises de parole sur les violences inouïes subies par les femmes et les enfants. Retrouver l’estime de soi par la parole, le jeu, le chant ou la danse, par l’entraide et la solidarité entre survivants : un espoir pour le monde de demain et pour une nécessaire réconciliation nationale.

(Doucha Belgrave)

Pour plus informations: https://imagesdelaculture.cnc.fr/-/rwanda-un-cri-d-un-silence-inoui

Ci-joint, le dossier de presse 

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